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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:04

Sénégal, côté terre

Arrivés à Dakar -Baie de Hann- le 8 février, nous basculons progressivement de la période d’acheminement du bateau vers notre intégration à l’équipe de Voiles Sans Frontières avec laquelle nous participerons à deux missions médicales dans le delta du Siné Saloum du 20 février au 28 mars 2010.

Entre deux, les temps libres, encore nombreux, nous offrent le loisir de quelques ballades touristiques.  Le parcours initiatique débute au marché aux poissons de Hann : un moment surréaliste pour qui ne connaît pas l’Afrique, un temps d’exploration sensorielle et humaine intense. S’ensuit une après-midi d’accomplissement des formalités auprès de la police, des douanes puis de la direction des douanes,  point de départ d’un temps de latence non précisément défini mais néanmoins préalable à l’autorisation officielle de séjour d’Alioth en eaux sénégalaises.

P1030621Pendant ce temps notre ami François, avec lequel nous avons partagé un magnifique moment de navigation, laisse émerger ses souvenirs en redécouvrant la  maison et le collège de ses jeunes années ; conclusion de notre équipée commune sur la superbe plage et au saisissant marché de Yof que nous explorons de conserve avant un  vol direct pour Brest ; un au-revoir marqué d’un fort espoir réciproque d’un retour sur Alioth la saison prochaine en compagnie de Catherine.

Un court séjour à Saint-Louis laisse entrevoir une autre facette de la vie et de l’histoire sénégalaise : flamboyant passé colonial, passablement décati mais empreint d’un charme indescriptible sur cette autre Ile Saint Louis où la pauvreté semble plus flagrante encore qu’à Dakar. L’exploration en pirogue de l’hinterland de la langue de Barbarie qui relie, à quelques dizaines de mètres de distance, les tonitruantes plages de l’Atlantique aux bords sereins du fleuve Sénégal, nous donne accès au spectacle de la faune et de la flore locales. La présence de nombreux hérons nous rappelle cette charmante histoire qui nous fut racontée par notre ami Philippe et que nous destinons à nos petits enfants. Il s’agit de trois petits canards qui rencontrent un héron en l’apostrophant  en cœur : « tapon, tapon, tapon… ». Le lendemain les canetons, croisant à nouveau le héron,  réitèrent : « tapon, tapon, tapon… ». Le troisième jour la scène se reproduit et le héron gentiment agacé les reprend sur un ton qui se veut convaincant : « Héron, héron, petits, pas tapon »…

P1030688.JPGFace à Saint-Louis, le village des pêcheurs de Guet Ndar offre un spectacle incroyablement impressionnant entre concentration des  pirogues, profusion des activités de stockage et de séchage des poissons et grouillement humain qui anime l’ensemble. De la pointe nord de l’île d’où se dessine la frontière mauritanienne, à la pointe sud qui donne vers l’embouchure,  les joueurs de football  envahissent la rue, les tresseuses de nattes toutes vêtues de blanc mènent un curieux cérémonial de danse et de chant et les vendeurs développent courtoisie et humour dans les marchandages qu’ils s’entêtent à nous imposer sympathiquement à chaque coin de rue. « Nous sommes collants comme des mouches mais nous ne piquons pas comme des moustiques » se plaisent-ils à souligner… Très local concert afro-jazz, belle exposition de photographies d’Olivier Beytout, sympathique petit restaurant « le coup de torchon » qui devient notre coup de coeur…

Nous sommes frappés par le tempérament extrêmement chaleureux des Sénégalaises et des Sénégalais, par leur prestance et leur élégance, jusque dans les quartiers les plus démunis,  par leur capacité enfin  à composer  avec flegme avec l’état délabré de leurs véhicules, la confusion du trafic automobile et piétonnier, le manque de travail, l’environnement difficile qui les entoure. Pendant ce temps, la téléphonie Orange affiche sur le terrain une présence envahissante, voire quelque peu déplacée : business oblige.

Au retour vers Dakar, visite de la manufacture de tapisseries de Thiès créée par Lépold Sédar Senghor et l’actuel directeur général du lieu que nous avons le plaisir de rencontrer. C’est de la rencontre entre ces deux hommes qu’est née la volonté d’introduire au Sénégal l’art de la tapisserie en le déclinant  sur un mode propre à la création artistique  africaine. D’où ces manufactures établies à Thiès qui emploient une cinquantaine de personnes et produisent des pièces remarquables d’artistes du Sénégal chaque année sélectionnés sur concours.

Autre parcours historique mené sur le territoire de l’ile de Gorée. Charmante île au styleP1030717 méditerranéen, elle  enferme en son sein la terrible mémoire de la traite négrière symboliquement immortalisée dans le lieu dit « la maison des esclaves ». Le petit musée historique installé dans le puissant fort Jean d’Estrées est d’une belle facture pédagogique mais l’histoire de l’Afrique est formidablement compliquée et nous avons un peu de mal à trouver nos marques sur ce passionnant mais difficile sujet.

… Et puis, subitement, nous voici quelque peu honteux de notre ciel bleu et de nos 25° C à l’annonce du vol plané d’Alexis, fils de Dominique, sur une plaque de verglas parisienne et sur le dur constat de son coude cassé…

Notre vie quotidienne se déroule en relation étroite avec le CVD -Centre de Voile de Dakar- qui accueille les plaisanciers de passage à l’exclusion de toute activité nautique locale. Connexion internet dans le petit bar sympathique de Dominique, délicieuse cuisine de Khaddy, moussantes prestations de lavage de Fatou, navettes taxi incessantes de Moussa et de ses co-équipiers, ventes de l’épicerie Rachid ou de Mama Légumes, dépannages techniques en tous genres… jusqu’au gardiennage de nuit du bateau par un autre Dominique qui permettra notre déplacement à Saint Louis.

Vendredi, nous verrons un peu tristement Elisabeth reprendre l’avion pour Paris : nous aurons partagé avec elle des moments inoubliables et apprécié la constance de sa bonne humeur et son investissement à toute épreuve  dans la vie du bord et dans la préparation de la mission de VSF. Autre présence bien regrettée également, celle d’Arielle qui a dû renoncer à nous rejoindre au Siné-Saloum : trop de cumul de fatigue en perspective au milieu d’une année professionnelle harassante.

P1030756Au CVD, petit clin d'oeil à Nicolas Bouvier

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 20:26

Nous quittons La Palma le mercredi 3 février après midi sous l’amical salut jaune canari des nantais de ‘Hédone’ et avec une pensée pour nos amis de ‘Castafiore’ bloqués à Grande Canarie pour problèmes techniques. Après une matinée de soleil, les nuages s’accumulent sur l’île et il est  réjouissant  de rejoindre les vastes zones d’éclaircies qui, en mer, se prolongent à l’infini. Le temps est doux et c’est avec satisfaction que nous envoyons le spi, très délaissé depuis notre départ de Cherbourg. Le vent baisse durant la nuit que nous passons malgré tout, par précaution, sous gennaker.

Le lendemain jeudi 4 février, est notre première grande journée de belle mer : soleil, alizés, ciel bleu azur agrémenté de cumulus ; nous sommes heureux d’avoir, au fil des semaines, égrené les milles qui nous mènent dans ces zones de navigation idyllique. Le vendredi est une journée particulièrement performante où nous alignons au portant quelque 210 milles en 24h, route plein sud, direction Dakar.

Nous savons notre destination prochaine plus dépaysante que d’accoutumée et les lectures du bord sont très orientées Sénégal et Afrique.  Il s’agit par ailleurs d’arriver en temps pour que François puisse, à Dakar, remettre les pas dans  les  traces de son enfance avant son retour vers la vie professionnelle programmé par avion le 10 février. 

Le samedi 6 février commence par un énergique nettoyage de pont suivi d’une première «baignade-traînade » à l’arrière du bateau. Le vent est faible et sous un ciel vierge de tout nuage, il est bon de se faire remorquer par un bout dans une eau voisinant la température de la Manche en plein mois de juillet. Petite pensée aquatique pour celles et ceux qui, dans les 49° nord de la France, se remettent d’une dure semaine de travail et ébauchent leurs plans de week-end dans une ambiance hivernale un peu maussade…

Après les côtes marocaines, ce sont les côtes mauritaniennes qui défilent, invisibles, sous le vent. Nous passons les 20° de latitude nord et le célèbre Banc d’Arguin. Dans le courant de l’après-midi, deux baleines nous font l’honneur de leur compagnie à quelques dizaines de mètres du bateau. Leur lente et majestueuse progression rythmée par leur grand souffle profond contraste singulièrement avec l’énergique et inépuisable ballet de la compagnie de dauphins venue longuement se joindre à nous au coucher du soleil.

Malgré les efforts, théoriques et pratiques des experts, les résultats de la pêche sont inexistants à ce jour, ce qui ne porte malgré tout pas atteinte à la qualité gastronomique du bord à laquelle tout un chacun-e contribue avec cœur et compétence. Côté distance, nous ne sauverons le score de notre samedi que grâce au puissant secours de notre Nanni Diesel qui nous permet de maintenir, un peu bruyamment certes, le rythme de 7 nœuds de progression.

Après une paisible et un peu langoureuse nuit de navigation, nous parvenons dans la matinée à la hauteur de Nouakchott dans un 18/18 presque parfait : 18° de latitude nord et 18° de longitude ouest. La journée peu ventée devient progressivement grise. Les animations halieutiques se réduisent aux bans de calamars et la pêche reste infructueuse….

IMG_5672.jpgLundi nous ouvrons la semaine sous un soleil splendide et rapidement le spi se gonfle par  brise de 15 nœuds. Le bonheur est parfait pour cette dernière grande journée de mer et l’après-midi se joue en apothéose avec la pêche d’une splendide dorade coryphène et le passage d’un banc de rorquals : merveilleuse conclusion de ce mois de premiers  pas autour du monde qui, du 8 janvier au 8 février, nous a transportés de Cherbourg à Dakar. L’arrivée à Dakar se fait au coucher du soleil : à la rencontre des magnifiques pirogues colorées qui parsèment la baie. L’océan se fracasse sur la pointe des Almadies. Une fois passées la pointe Manuel et l’île de Gorée nous mouillons vers 22h dans l’anse de Hann… et nous régalons de notre pêche du jour.

Mardi matin, dépaysement garanti…

Les dictons de ces jours de traversée, tous vécus in situ :

«  Coup de tangon, rend le marin bougon »

«  Quand souffle l’harmattan, le rorqual t’attend »

«  Qui pêche la coryphène mérite sa peine »

 

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:40

Après un petit dîner au « Londres », restaurant très « local » où nous dégustons thon et espada,  nous larguons les amarres de Funchal le vendredi 29 janvier pour un départ tout en douceur : nuit étoilée, lune pleine, air chaleureux. Les pêcheurs saluent amicalement Alioth du bout de la jetée d’où ils amorcent avec enthousiasme  le début de leur  week end. Sur le flanc de la montagne,  les lumières de la ville donnent à Funchal  des airs de Val d’Isère sur mer. Le vent se lève rapidement : la descente vers La Palma  -quelque 250 milles nautiques- se fera au près dans une mer bien formée. 

La nuit est un peu inconfortable et la journée du samedi se fait grise. Le vent ne décroche pas de ses 25 nœuds de secteur sud et nous nous faisons décidément  au mode de navigation sous deux ris et ORC. L’après midi nous réserve un de ces petits ennuis techniques dont nous semblons avoir le secret. La girouette électronique, du haut de son mât de 20m, se fait la belle en notifiant très officiellement son absence sur l'écran de la NKE. Impressionnés de tant de civilité, nous nous faisons à l’idée de nous relayer à la barre jusqu’à La Palma mais les vents s’avèrent constants et nous permettent de poursuivre notre route sous pilote sur le mode compas.

Après une seconde nuit également un peu éprouvante, nous sommes heureux le dimanche matin de voir se dresser les hauteurs de La Palma. Nous parvenons à quai vers 13h sous une pluie tropicale dans le paysage peu séduisant d’une marina cernée de bâtiments en béton inachevés.

Mais peu importe le cadre portuaire ; la ville de La Palma, qui fut un des grands et riches ports de la grande Espagne et qui vit actuellement à 80% de la production de la banane, s’avère magnifique et l’île est encore à ce jour agréablement préservée du grand tourisme.

Lors de la première nuit à quai, un très fort coup de vent oblige au renforcement des amarres et au réajustement des défenses. Une des attaches du mât de l’éolienne cédera sous la force des vibrations ce qui implique quelques nouvelles heures de bricolage. Merci à notre ami François qui, venu pour quelque temps de vacances qu’il espérait ensoleillées, passe, avec sourire et humour, quelques bonnes paires d’heures sous une pluie diluvienne à oeuvrer aux réparations du bord.

e - La PalmaL’après midi nous permet une escapade en voiture. Nous espérons nous approcher du spectaculaire cratère d’effondrement du centre de la montagne  volcanique mais les conditions météorologiques exécrables de la veille en rendent l’accès impossible. Les ancestrales forêts de pins sont trop éloignées, la visibilité est médiocre ; nous n’aurons qu’entraperçu le charme et la beauté de l’île.






Pendant tout ce temps, Luc progresse spectaculairement en espagnol et parvient à faire des sudoku entiers dans la langue de Cervantes.
L'erscale nous permet de faire connaissance avec les très sympathiques Sabine et Gilles qui, avec leurs enfants -Ewen13 ans et Maël 8ans-, effectuent sur Hédone un grand tour en Atlantique

Demain mercredi 3 février, nous partons dans l’après midi pour Dakar avec cette fois des vents portants : la rencontre avec les alizés sera un grand moment de bonheur pour nous tous. La distance est de 900 milles, le cap est plein sud et notre temps de route espéré est de cinq à six jours.

A bientôt en terre africaine !P1030538.JPG

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 11:46

De Madère aux Canaries

100_9206.JPG
Nous passons un agréable et reposant séjour à Funchal. Le port de plaisance est de petite taille et ne peut accueillir que quelques bateaux visiteurs mais la basse saison nous offre le privilège d’un amarrage direct au quai.  Sur toute la longueur de ce dernier, les bateaux de passage, à la mode des Açores, laissent un message peint en guise de signature. Nous y avons retrouvé trace de Pilours passé en 2008, d’un Saint-Vaastais prénommé Edouard, d’autres bateaux de VSF...


Nous nous sommes essayés à l’exercice et Christiane, forte d’une année d’apprentissage du dessin aux réputés Ateliers de Sainte Adresse, s’est crue à la hauteur du projet. Le résultat, malgré l’assistance dévouée d’Elisabeth, est assez désastreux et mérite une reconfiguration complète que nous espérons achever sur cette journée de vendredi…

P1030446-copie-1.JPGLa ville de Funchal nous séduit  et la température y est agréablement printanière (i.e. quasi estivale pour des normands).  Les montées en altitude se font beaucoup plus fraîches mais donnent le plaisir de découvrir le côté vertigineux et  verdoyant de cette impressionnante île volcanique. Au gré de nos explorations, nous avons pu affiner la devise du bord.


Notre ami François nous fait le plaisir de nous rejoindre  pour  nous accompagner jusqu’à Dakar et ce vendredi soir nous quitterons Madère par vent de Sud-Est de 15-20 nœuds pour les Canaries. N’ayant malheureusement  que peu de temps  à accorder à ce bel archipel notre dévolu s’est jeté sur La Palma que nous devrions atteindre dans la matinée de dimanche.


                                                                                                                     La devise du bord

P1030432.JPGPetite précision complémentaire : la consultation des statistiques du blog ‘Alioth’ révèle que vous l’avez courtisé de vos visites près de 600 fois en un mois. Nous sommes ravis de l’intérêt que vous portez à notre petit messager électronique et heureux du lien  qu’il nous permet de maintenir avec vous toutes et tous. Nous vous remercions avec ces quelques fleurs des commentaires portés ou des messages envoyés que nous lisons toujours avec beaucoup de bonheur !

 

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:09

Le temps est calme et beau en cette matinée du jeudi 21 janvier.  Prenant  le temps d’une mise en route confortable, nous quittons la marina de la Corogne l’esprit serein de nos réparations abouties.  Nous saluons Hercule et sa tour exemplaire et savourons la beauté de la côte galicienne pour faire route radicalement vers l’ouest. Contourner la zone de basses pressions à venir, impose en effet de prendre rapidement le large moyennnant la traversée de la queue de la dépression en cours. Cette dernière ne se fait guère attendre et le déjeuner, sous un vent bien appuyé et une houle déjà fortement creusée, se doit d’être sommaire et hâtif. Le vent monte et nous voici rapidement sous deux ris et ORC. La fraternité du trio Tincelin s’exprime rapidement dans un mal de mer aussi inattendu que partagé, néanmoins modulé à des degrés divers.  La skipper stagiaire, quoiqu’occupée à d’autres tâches, rumine la théorie du complot et la proscrite pratique du bizutage …

Les heures à venir s’annoncent rudes.  Dominique, fortement atteint, parvient à surmonter  courageusement son état lorsque la nécessité s’en fait sentir ; Luc sait, avec beaucoup de pertinence, reprendre ses esprits pour assurer la seconde phase nocturne. Nous nous réveillons le lendemain,  heureux de savoir le plus difficile derrière nous et de l’expectative  des sympathiques  vents portants qui doivent nous convoyer jusqu’à Madère. Forts de cette certitude et quoique fatigués par cette nuit éprouvante, nous extrayons le spinnaler du peak avant en nous réjouissant de la perspective de la descente à venir.

Si le halebas de bôme n’a pas résisté à la pression de la nuit, sa réparation s’effectue sans problème majeur. Plus grave est le constat révélé par l’oeil avisé de Dominique : l’inter tribord a lâché dans le gréement. Phase de perplexité, de contact télphonique avec chantier et gréeur, d’affalage de la grand voile, de préparation d’une intervention dans le mât : mais la mer s’avère indubitablement trop forte pour permettre quelque réparation que ce soit. Hésitation sur la route à suivre : repli vers Vigo ou le Portugal, ou poursuite vers Madère qui , à 700 milles nautiques, exige ses quatre journées de route. La seconde solution a notre préférence par simple comparaison des conditions météo : vents forts et de sud-est le long de la côte ibérique, vents de nord 15-20 nœuds en direction de Madère.  Les bastaques de l’ORC solidement tendues au niveau des galhaubans pour consolider la tenue du mât, nous reportons la programmation de la réparation à une phase d’accalmie et sollicitons les dieux de la mer et du vent de bien vouloir veiller à notre cause.

Nous rehissons la grand voile et, sous solent, poursuivons notre route à 8-9 nœuds. Le soir le vent monte à 25-30 nœuds et il n’est pas facile de fermer l’oeil à l’ombre de ce grand mât fragilisé… Il nous faudra attendre 48h, soit dimanche après-midi, pour que les conditions de la réparation soient réunies.

Luc, l’habituel voltigeur de nos épopées d’altitude, sera l’opérateur retenu, Dominique se consacrant à la tâche exigeante du winchage. Il faudra s’y reprendre en trois fois pour revisser l’inter bâbord qui, sans avoir lâché, s’était lui aussi détendu, rattraper l’inter tribord parti se loger dans les fils du lazy bag et refixer ce dernier dans la loge qu’il n’aurait jamais dû quitter. L’équipage heureux de cette opération réussie se réjouit de la tranquillité d’esprit qu’elle apporte même si une intervention de consolidation s’imposera au port.


c - Haute voltige 2

Pendant ce temps, si le vent de nord reste frais, la température s’adoucit et nous nous effeuillons progressivement et agréablement de nos couches de pôlaires en prenant goût à ce nouveau mode de vie qui devient progressivement le  nôtre.

L’approche sur Funchal, Grande Madère, se fait en fin de nuit du mardi 26 janvier. Après avoir laissé Porto Santo à notre gauche, nous savourons le lever de soleil qui éclaire progressivement les hautes falaises volcaniques de Madère. Une fois les Islas Deserthas abandonnées sur bâbord, nous nous dirigeons vers la Pointe de Garaujo dominée de son immense Christ statufié et entamons les préparatifs de notre arrivée. Le temps est doux et le soleil se fait chaud : nous atterrissons en douceur sous un temps printanier dans le sympathique port de Funchal où nous attend un poste à quai. Outre l’agréable sentiment d’avoir bien mérité ce havre de paix, nous partageons la sensation profonde et heureuse de faire notre entrée dans le monde de la grande navigation.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 16:11

Esperamos

Nous avons attendu ce mercredi fin de matinée pour recevoir l'intégralité de nos pièces détachées et la météo réitérant quelques caprices bien connus de la région, ce n'est a priori que demain matin que nous  pointerons notre nez vers le large après une semaine galicienne au bilan extrêmement positif :

Dominique et Luc se sont âprement livrés à la pêche pour assurer la survie de l’équipage


P1030406

 
aidés en cela de la très efficace collaboration de Christiane et d’Elisabeth.
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Le bateau a bénéficié d’un réaménagement intégral ouvrant  à l’équipage un point de vue irremplaçable sur les profondeurs.


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Les soirées tapas ont bien sûr battu leur plein

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Notre Alioth semble à ce jour prêt à reprendre la mer jolie
P1030409

et, après un franchissement sans doute un peu agité du Cap Finistère sous vent d’Ouest, nous espérons atteindre Madère lundi sous un régime de vents portants.

Pour celles et ceux que ces questions intéressent, deux principes président à l’organisation de la vie à bord :

-          l’alternance en matière de responsabilité du bord : Dominique, aîné de l’équipage, a pris en charge la première semaine, Luc lui ayant logiquement succédé sur cette seconde période. Christiane entrera en piste sur la séquence suivante avec le statut de stagiaire : en l’absence de photocopieuse, elle assure pouvoir exercer, a minima, le service du café.

-          le principe du ‘quatre quarts’ qui correspond au rythme naturel de notre quatuor. Les membres de l’équipage se succèdent  par quart de trois heures dans l’ordre alphabétique des prénoms -  le nom ayant été rapidement identifié comme caractère non distinctif dans la configuration spécifique de l’équipage.  La tranche horaire 10h à 13h est une  séquence « tous de quart » qui permet de se retrouver sur un rythme différent et de rompre la monotonie des horaires figés en donnant  au calendrier un caractère glissant.

A noter qu’au-delà des prises de quart et de la participation à la vie nautique, Elisabeth assume un rôle très efficace et apprécié de super intendante. A l'instant où je termine ces lignes Dominique et Luc achèvent la dernière réparation de plomberie : la fameuse pétrolière devrait pouvoir enfin fonctionner dans ses modes plaque de cuisson et four ce qui nous réserve l'amélioration d'un quotidien déjà fort gastronomique.

Hasta luego !

Le team Alioth

PS : Tous nos remerciements vont  à l’aquarium de La Corogne pour le crédit photographique accordé.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 20:02

Consultation d'une newsletter
Vous avez envoyé cette newsletter aujourd'hui à 23 abonnés.

15/01/2010 20:02:24
Ca cogne a la Corogne !
Nous voici encore pour quelques jours amarres a la Marina Coruna : nos diverses pieces detachees ne seront livrees que lundi et la meteo ne nous offre pas de fenetre praticable avant la nuit de mardi a mercredi. Nous avons donc prevu a priori un depart a 7h mercredi matin avec une pensee emue pour celles et ceux qui vivront cette heure critique et pourtant si quotidienne qui preface le rythme soutenu d'une journee de travail.
Nous oscillons entre travaux a bord -surtout- et tourisme -un peu. Cote travaux Dominique et Luc assurent un maximum : chapeau ! Luc va bientot pouvoir passer son CAP de plomberie et Dominique gere l'ensemble avec beaucoup de maestria. Cote tourisme, nous aimons tous l'Espagne et apprecions pleinement le charme de cette belle ville de La Corogne.
Ici le temps est particulierement impressionnant : la nuit de mercredi a jeudi, un mini ouragan s'est abattu sur la marina. Deux pointes a force 12 ont ete enregistrees. Pas mal de casse dans le port -petite pensee pour Le Havre Plaisance- mais Alioth s'en est cranement sorti sans une egratignure.
Vos messages nous font grand plaisir et il est malheureusement difficile de repondre a tous mais nous apprecions tant les nouvelles des saint vaastais et des havrais dont certains boivent de bons crus d'Alsace a la sante d'Alioth, que les nouvelles du petit Paul tout juste venu au monde et dont nous savons deja qu'il aura l'education d'un bon marin, l'inattendu madrilene d'adoption qui salue les normands envahissant a nouveau la Galice et ses parents qui s'inquietent de nous voir franchir caps et digues sur la balise STW. Des nouvelles regulieres nous arrivent egalement de VSF que nous devons rejoindre a Dakar le 11 fevrier -oui, oui Thibaut!- pour debuter nos travaux senegalais.
Le Wifi a bord est assez poussif et il est extremement long de mettre des photos. Un album 'Senegal' a ete ouvert pour introduire quelques temoignages visuels : nous tenterons ce soir d'enrichir un peu le fond.
Par ailleurs, forts de 24 'adherents a la newsletter' nous tentons de garder la tete froide et changeons notre systeme d'enregistrement pour que le mode abonnement a priori inefficace puisse fonctionner.
Tandis que s'ecrivent ces quelques lignes, le vent est remonte de facon impressionnante et il va falloir ramper sur le ponton pour rejoindre le bord.
Le team Alioth vous adresse ses tres chaleureuses amities espagnoles.
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 12:30
A tous, a tous, a tous....
Nous voici bien au chaud a La Corogne -ou nous nous sommes refugies a l'abri du mauvais temps et ou quelques problemes recurrents de plomberie nous obligeront en tout etat de cause a rester quelques jours.
Desoles, le clavier espagnol qui simplifie notre gestion des accents, rend sans doute votre lecture mal aisee. 
En resume, depart vendredi 17h30 de Cherbourg sous avis de 7 a 8 Beaufort avec le soutien moral de notre courageuse cousine Chantal, l'aide technique du zodiac de port Chantereyne indispensable au decollage du quai et l'appui efficace au ponton d'Arnaud Boissiere et de ses co-equipiers de passage a Cherbourg. Nous passons peu fiers sous le nez de l'abeille Liberte et nous engageons dans le raz Blanchard pour profiter des quelques heures de courant restant. Nous demanchons dans la nuit et hesitons a la pointe de Bretagne entre direction Lorient - pour causes techniques- et poursuite de la route initiale. Nous retenons la seconde option et passons magiquement par le passage du Fromveur entre le phare de Kerdreon et l'ile d'Ouessant sous des averses de neige et de grele et des eclairages dignes des photos de Plisson. Ces quelques premiers jours nous donneront a ce sujet le plaisir de decouvrir la beaute des ciels d'hiver en mer, de nuit comme de jour.
La meteo nous incite a partir vers l'Ouest pour contourner la depression et  descendre sur Madere dans les meilleures conditions. Le dimanche, nous changeons de strategie compte tenu du 45 noeuds annonce que nous ne pourrons eviter. D'ou la descente vers La Corogne que nous atteindrons dans des conditions difficiles lundi en fin de nuit pour finir par un accostage qui ne l'etait pas moins.
Globalement, nous aurons essentiellement navigue sous deux ris et ORC.
Quelques incidents ont bien sur egrene le parcours, embrassades fougueuses avec une bille de bois -sans dommage pour le bateau-, problemes de gestion des voiles d'avant, soucis de plomberie dont les recurrentes fuites du cumulus qui nous ont donne la joie de vider 300l d'eau des fonds au pres par force 7...
En revanche, un surprenant constat, aucun d'entre nous n'a souffert du froid a l'exception de quelques moments extremes tels Dominique a la barre en pyjama -en polaire !- a 4h du matin ou Luc barrant trempe durant 2h de nuit au pres sous 40 noeuds de vent. Bravo au pilote automatique, au chauffage webasto du bord et au super confort de nos equipements ! 
Nous avons decouvert avec bonheur de nombreux et chaleureux messages a l'arrivee et deja deguste de delicieuses tapas et vins galiciens dans cette si jolie ville de La Corogne. Nous attendons la livraison de quelques pieces de rechange et esperons repartir en fin de semaine en direction de Madere. A bientot, amicalement.
Christiane, Dominique, Elisabeth, Luc
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:17

A 15h ce jour nous larguons les amarres de Cherbourg pour profiter des vents de Nord-Est.
Direction Madère. Escale possible à la Corogne ou à Vigo selon évolution de la dépression située au large du Portugal.
Bon week end au chaud à toutes et tous avec toutes nos amitiés.
Christiane, Dominique, Elisabeth et Luc

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 22:40
Merci de tous vos précieux messages et de voeux qui nous sont particulièrement chers en ce début d'une année pour nous tout à fait singulière. Nous sommes quasi prêts pour un départ prévu demain vendredi 8 janvier en début après midi mais la météo est capricieuse. Outre la neige et le verglas qui affligent le Cotentin et handicapent nos préparatifs, les vents de nord-est qui nous sont agréablement favorables sont supposés se renforcer sérieusement : dans une telle hypothèse nous nous verrions contraints de repousser notre départ au début de la semaine prochaine. Prise de décision demain matin en fonction des derniers avis météo. A demain pour une prochaine info !
Le team Alioth

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