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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 02:15

Lever matinal à Rarotonga le mercredi 26 septembre. Après un petit déjeuner somnolent, nous vérifions que le soleil se lève bien, lui aussi, et nous nous préparons au départ non sans avoir laissé quelques livres à notre voisin Daniel qui sur « Ronin » semble en manque de lecture.

Sur une mer aux vagues débridées, nous profitons de la magie des heures qui s’égrènent sous un spi gonflé à pleins poumons. Le soleil est de la partie. Le pilote électronique régule notre allure sur le vent apparent et, comme le plus souvent, le quart se tient confortablement adossé à la grosse défense rebondie bloquée derrière le banc de barre tribord.

Nous voici en route pour la merveilleuse île de Palmerston que nous aurions sans doute ignorée sans l’invitation d'Anne et Alain (Uhambo) à pointer notre étrave vers ce petit paradis maritime et terrestre. Situé à un peu moins de 300 milles de Rarotonga,  Palmerston est un atoll de six miles de long sur quatre de large, une île basse composée d’un lagon aux couleurs radieuses entouré d’une barrière de corail aux passes difficiles. Un des sept motus héberge à lui seul les 60 habitants de l’île. Vingt à cinquante voiliers s’arrêtent ici chaque année. Six mouillages sont postés à l’extérieur de la barrière, particulièrement dangereuse, et, après quelques expériences de franchissement de la passe en annexe, il nous semble raisonnable de conseiller aux visiteurs de recourir au service de transbordement proposé par les pêcheurs locaux. Le bateau d’approvisionnement de Rarotonga ne vient ici que trois à quatre fois par an et l’île mériterait à ce seul titre de figurer dans les pages de « L’atlas des îles abandonnées [1]». La beauté du lagon,  le charme de l’île à proximité de laquelle s'ébrouent les baleines sont à inscrire au registre de nos plus belles escales mais l’hospitalité dont font preuve les habitants de Palmerston dépasse tout ce nous avons pu connaître et fera de ces journées une halte particulièrement mémorable.

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Cette île au destin atypique diffuse une atmosphère et une culture uniques liées à une histoire née à la grande époque de l’exploitation du coprah. Un homme d’affaires tahitien versé dans le commerce maritime rencontra alors le britannique William Marsters qui vivait sur l’île de Penrhyn après avoir fui sa terre natale pour cause de paternités illégitimes. L’homme d’affaires lui offre de s’installer à Palmerston, un atoll aux motus couverts de cocotiers et jusqu’alors inhabité, moyennant l’envoi, une fois par an,  d’un navire chargé de prendre livraison de la production de coprah de l’île. En 1862, William Marsters, de son vrai métier charpentier de marine, élit domicile à Palmerston accompagné de deux femmes polynésiennes de l’île Penrhyn, bientôt suivies d’une troisième épouse. Mais l’ouverture du train du Far-West reliant les deux côtes des Etats Unis bouleverse le modèle économique du commanditaire qui, sans même l’en aviser, abandonne William Marsters à son entreprise.

Loin de se laisser atteindre par ce coup du sort, l’homme de Palmerston, que tous ses descendants appellent respectueusement Father, se fait le géniteur de 26 enfants et le patriarche d’une véritable dynastie. Il édicte le règlement de la vie sur l’île, décrète l’anglais langue officielle, réglemente le mariage, divise le territoire en trois parties égales respectivement destinées aux descendances de ses trois femmes, fait du protestantisme la religion de l’île… sans trop s’attarder sur le paradoxe de ses pratiques polygames.

Toutes les familles actuelles de l’île sont descendantes de William Marsters, à l’exception de deux professeures. L’une d’entre elles, Rose, une jeune britannique d’une trentaine d’années a, elle aussi, une histoire dans l’histoire. Son père, Victor Clark, dont le voilier fit naufrage en 1950, fut sauvé par les habitants de l’île avec lesquels il entretint dès lors des liens très forts. Clark termina ses jours en Grande Bretagne en 2005 après avoir demandé à ses enfants de bien vouloir transférer ses cendres à Palmerston. Sa fille Rose venue en 2011 pour un cours séjour destiné à exécuter les dernières volontés paternelles a depuis deux années a élu domicile sur l’île où elle se consacre à l’enseignement.

Notre séjour se déroule sur fond de tournage de documentaire et nos chemins croisent de temps à autre Régis[2], caméra et trépied au poing, suivi à la perche de Benjamin. Pour plus d’efficacité et de proximité avec la population, tous deux ont quitté le bord de Uhambo pour séjourner à terre.

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                                  Régis et Benjamin devant la petite église et le cimetière

Dès notre arrivée, nous sommes accueillis au mouillage par Edward et David qui se présentent comme nos hôtes ce qui, en langage Palmerstonien, inclut accueil et accompagnement à volonté, réponse à nos demandes et besoins,  invitation aux repas familiaux durant tout le séjour… Ce fut l’occasion de rencontres très touchantes avec Edward et ses deux fils, son frère Simon, leur mère Tuahina ;  Fifty -et, comme souligne Fred, elles ne sont pas cinquante à s’appeler ainsi-, nièce d’Edward, a laissé toute sa famille à Auckland pour venir durant un an s’occuper de sa grand-mère ; le petit John enfin, six ans, cousin de Fifty et dont la maman est actuellement en Nouvelle Zélande, nous séduit tous par sa vivacité et son sourire. L’hospitalité de nos hôtes nous donne l’opportunité  de déguster la cuisine locale -thon dans tous ses états, taros, beignets, riz, poulet rôti, cochon grillé…- complétée des desserts confectionnés par les équipages des trois bateaux Uhambo, Alioth puis l’australien Fury. La société polynésienne est, par excellence, la société du don et du contredon et nous avons cherché en retour à faire plaisir à nos hôtes : bouts, équipement de pêche, matériel scolaire, fruits…

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                                                    Fifty, Tuahina et Anne

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                                              Alexander, Christiane, Cain et John

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                                                 Fred fait la vaisselle chez Edward

Les coraux du lagon sont ici très colorés et abritent une belle faune aquatique, dont des petits requins qui inspirent à Gérard ses premiers frissons Pacifique. Edward, et ses deux fils David et John, viennent un soir pêcher et dîner à bord. Ils dorment tant bien que mal en se protégeant d’une fraîcheur inhabituelle dans le fond de leur barque et dans le carré du bateau avant de repartir le matin, au petit jour,  pour une pêche au thon que Luc n’aurait pas voulu manquer pour un empire.

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                                                          Edward à bord d'Alioth

Une végétation lumineuse faite de cocotiers et d’acajous ombrage un décor qui semble tout droit issu des peintures du Douanier Rousseau. La maison de William Marsters avoisine le pimpant lieu du culte ainsi que le petit cimetière aux tombes blanches dont celles, incontournables, de Father et de Victor Clark. L’école a été récemment reconstruite par Simon, aidé d’Edward et de David. Réussite architecturale, elle accueille 25 élèves de 6 à 18 ans -une pensée pour "nos" CM1 !- sur deux bâtiments et la directrice est fière d’être la seule enseignante de toutes les îles associées à la Nouvelle Zélande, à disposer de l’habilitation à décerner l’équivalent local du baccalauréat. L’an prochain, une de ses élèves partira poursuivre ses études à Auckland.

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                                        Un des deux bâtiments de l'école de Palmerston

                                                    (le second en arrière plan)

Parmi les habitants de l’île, le Maire, Arthur Neale, fait aussi partie des personnalités remarquables. Il est le fils du célèbre Tom Neale qui vécut 27 ans en ermite sur l’île de Suvarov située dans les Cook du Nord et qui relata son expérience dans « An island to oneself ».

On ne peut passer sous silence l’office dominical où nous sommes conviés sous réserve du respect d’un code vestimentaire assez strict : pantalons et chemise blanche pour les hommes, robe et chapeau pour les femmes. Anne emprunte à Tuahina un chapeau de sa confection car sur l’île chaque femme possède ce savoir-faire ancestral. Les joncs tressés sont faits d’extrémité de palmes de cocotier assouplies à l’eau bouillante et au citron. Le fond du chapeau est décoré d’une nacre qui participe à l’élégance et à la curiosité de l’ensemble.

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                                                                A la sortie du temple

En l’absence momentanée du pasteur, une dame âgée préside à la cérémonie et, sur le pas de la porte, accueille avec respect et gratitude les membres de l’assemblée en sonnant un coup de cloche à l’entrée de chaque « fidèle ». La cloche est celle du Thistle, la seule pièce rescapée d’un navire de la Navy qui a fait naufrage sur l’île. Les chants, tour à tour anglais et polynésiens, ne sont pas toujours de la plus grande harmonie mais la puissance des incantations semble vouloir transcender les limites de ce si petit atoll égaré dans l’immense Pacifique.

Dimanche après-midi nous quittons avec émotion ce minuscule havre si merveilleusement éloigné de notre monde. La population a été très touchée de ce que la télévision française s’intéresse à sa destinée.  Nous sentons par ailleurs que chaque arrivée de bateau est pour les habitants une précieuse occasion d’ouverture et de contacts. L’hospitalité polynésienne révèle ici toutes ses racines et ses valeurs et nous sommes infiniment reconnaissants à nos hôtes et à tous les habitants de l’île pour leur gentillesse et leur générosité.

Dimanche après-midi, désireux de profiter d’un vent qui va faiblir rapidement nous précédons le départ de Uhambo qui attend mardi matin la fin du tournage pour rejoindre l’île de Niue où Régis et Benjamin doivent prendre vendredi l’avion hebdomadaire pour Auckland. Faut-il ajouter qu’afin de ne pas laisser Fred et Gérard se morfondre dans l’ennui, nous organisons régulièrement à bord des petits ateliers propres à satisfaire leur besoin d’activité : plomberie, électricité, matelotage, mécanique, informatique et pêche… nous espérons qu’ils nous en savent gré !

Cet article est mis en ligne de l'île de Niue, un des plus petits états du monde que nous avons rejoint mercredi matin et duquel tout l'équipage vous adresse ses amitiés.

 

PS : peu de photos ont pu être mises en ligne compte tenu de la faiblesse de la connexion. Elles figurent sur l'album S5 2 - Cook, Tonga, Fidji

[1] Joli ouvrage de Judith Schalansky publié chez Arthaud

[2] Régis Michel, cinéaste indépendant, tourne un film destiné à Thalassa. En compagnie de son assistant, Benjamin, il a embarqué sur Uhambo à Raiatea afin de rejoindre l’île.

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 08:55

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Trois jours de mer de Raiatea (PF) à Rarotonga (Iles Cook). Trois journées qui nous ont permis de renouer avec les grands airs du Pacifique, ses vents d’est de plus de 30 nœuds, sa grande houle de trois quart arrière, son ciel sombre et ses vagues qui déferlent dans une course poursuite infinie sur l’océan aux eaux violacées.

Du côté de la grande histoire, une fracture profonde s’est creusée entre les actuels archipels de la Polynésie française et ceux des îles Cook pourtant profondément liés par leur géographie volcanique et leur culture polynésienne. Les expéditions de Samuel Wallis (The Dolphin – 1767), de Louis-Antoine de Bougainville (La Boudeuse – 1768) puis de James Cook (L’Endeavour – 1769),  les trois principaux émissaires d’une politique de découverte et de conquête très disputée entre grands états européens, ont en effet, à coup de dés, décidé du sort de ces petites îles éparpillées sur l’immense plateau de jeu géostratégique du Pacifique.

Les îles Cook constituées de 15 îles dispersées sur plus de 1 250 000km² d’océan sont organisées en deux groupes géographiques : les Cook du nord et celles du sud. L'ensemble forme dorénavant un état indépendant associé à la Nouvelle Zélande. La majorité des 20 000 habitants de ce petit état vit sur Rarotonga, l’île principale, située dans le groupe des îles du sud.

Nous parvenons le 21 septembre, jour de printemps, face à Avatiu, le port commercial qui jouxte la capitale des Cook, Avarua. Ce port miniature peut héberger à l’est quatre très petits cargos le long d’une plate-forme où repose une centaine de conteneurs. Une douzaine de bateaux de plaisance s’alignent perpendiculairement au quai sud et un très modeste bateau militaire complète l’ensemble portuaire sur sa façade ouest. Alioth s’immisce sans encombre au milieu de ses congénères en mouillant sur ancre et en frappant des lignes à l’arrière. Le site est assez peu protégé des vents qui restent soutenus avec des rafales à plus de 40 nœuds. Uhambo, amarré à nos côtés, dérape dans la matinée de lundi ce qui lui vaut plusieurs mauvais quarts d’heure à un moment où l’équipage d’Alioth a malheureusement mis pied à terre.

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                                                                    Alioth et Uhambo

Si l’urbanisme local est très décevant, les paysages de l’île sont splendides. Dimanche nous traversons l’île du nord au sud, une belle randonnée qui nous mène au pied du piton basaltique avant de redescendre vers le lagon où la bière locale permet aux hommes de l’équipage de se remettre de l’escapade. Ni bus, ni taxi en cette journée de repos dominical, il faut donc se résoudre à rentrer en auto-stop. Luc et moi, partis par la côte ouest, montons à l’arrière d’un pick-up équipé d’une dizaine d’enfants qui, après une journée de plage, dégustent chips et glaces avec force énergie et barbouillages de figures. Dominique, Fred et Gérard engagés sur la route de la côte est, montent dans le pick-up d’un surfer pour finir leur parcours dans la voiture d’une touriste croisée lors de notre promenade pédestre et que Fred avait mise au défi… de nous ramener en voiture.

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                                                                 Un peu d'altitude

Mardi, les uns vivent sur grand écran le suspens de la Coupe de l’America où Américains et Néo-Zélandais sont à égalité à la vielle de la manche de demain qui qualifiera le vainqueur ; les autres rejoignent lagon et plage de rêve pour un snorkelling agité précédé de la visite d’un jardin tropical enchanteur.

Nous larguons les amarres et levons l’ancre demain mercredi à la première heure pour l’île de Palmerston (280 M), précédés de Uhambo parti aujourd’hui en fin d'après-midi. A son bord le cinéaste Régis Michel va tourner pour Thalassa un reportage sur ce petit îlot de quelques dizaines d’habitants dont nous aurons plaisir à vous compter l’histoire dans notre prochain article.

 

PS : les photos correspondant à cet article figurent dans l’album S5 2 – Cook, Tonga, Fidji

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 02:33

Après un été enchanteur propre à recharger à bloc nos batteries affectives, nous voici de retour dans l'île sacrée de Raiatea avec la satisfaction réitérée de reprendre le voyage à l'endroit même où nous l'avons laissé.

 

C'est le début de la «saison 5» qui devrait mener Alioth des îles de la Société (Polynésie française) à la Nouvelle Zélande en passant par les îles Cook, Tonga et Fidji. Pour ce joli bout de Pacifique, nous aurons le plaisir d'être accompagnés de Fred et Gérard, un mémorable duo «recruté» au pied levé à la fin août (que Catherine et Marie France veuillent bien nous pardonner !) et qui ré-émarge au rôle d'équipage après une contribution déjà très appréciée en Patagonie du sud.

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Au-delà d'une arrivée prévue en terre néo-zélandaise au cours de la première quinzaine de novembre, nous profiterons, dans ce pays que tout le monde s'accorde à dire magnifique, de la venue des enfants de Dominique, puis d'un neveu et d'amis dont nous nous réjouissons qu'ils aient, les uns et les autres, accepté de nous rejoindre aux antipodes.

 

Malgré l'affichage d'une saison qualifiée d'hivernale, le choc thermique fut rude lors de notre arrivée du 6 septembre. Le bateau est à sec et nous vivons au rythme des travaux de chantier. Dominique et Luc, sous une chaleur éprouvante, travaillent intensément et progressent à grands pas: installation validée des nouveaux réas de quille équipés d'un bout de levage tout neuf, rallonge de la chaîne d'ancre (une nouvelle qui ne manquera pas de toucher celles et ceux qui ont vécu en Argentine ou à l'île de Pâques quelques galères de mouillage), installation réussie du calculateur du pilote automatique (avec une pensée pour Catherine et François qui ont bien donné au cours de notre longue période de barre manuelle au travers du Pacifique), le tout complété par les travaux «classiques» : carénage de la coque et ses longues heures de ponçage et de peinture, etc. Autant de choses bien vite énumérées mais lourdement consommatrices d'énergie, de patience et de savoir-faire.

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A l'heure du déjeuner, le petit snack Mimosa joue le rôle de cantine locale en produisant des cuisines délicieuses dont se régalent tant les navigateurs cloués à terre que le personnel du chantier. Je ne devrais pas dire du, mais des chantiers puisque ce sont deux entités séparées qui vivent côte à côte dans le quasi même espace : le Chantier Naval des Iles qui nous accueille et le Raiatea Carénage qui le jouxte. Les équipes concurrentes s'ignorent ou s'affrontent en petites guerres aux allures très gauloises mais, de chaque bord, les services sont de qualité ce qui reste l'essentiel pour les bateaux de passage.

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En fin d'après-midi, nous ne résistons pas à l'appel du lagon. «L'eau est bonne», foi de barfleurais ! Et nager dans l'étendue turquoise, cap sur le gracieux profil de Bora Bora dans la lumière du soleil couchant est un moment de plaisir indicible. Les petits apéros entre bateaux concluent le plus souvent la journée et il est bien agréable d'y retrouver «les anciens» tels Anne et Alain, les Nantais de Uhambo, ou d'y rencontrer des «nouveaux» tels les deux jeunes Tchèques éminemment sympathiques, Pavlina et Petr, qui, sur Perla Alba (un joli nom tout en contraste au pays de la perle noire) s'accordent trois ans pour faire leur tour de monde.

 

La remise à l'eau d’Alioth aura lieu demain matin vendredi. Dimanche prochain, nous attendrons Gérard et Fred sur le tarmac de l'aéroport voisin pour un départ programmé en début de semaine, weather permitting.

 

 

Nous pensons bien à vous tous qui affrontez la rentrée. Nous vous la souhaitons excellente avec une pensée toute particulière pour celles et ceux que nous avons laissés en proie à diverses  préoccupations.

 

Bien pacifiquement

 

Ch pour le team Alioth

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