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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 20:00

Un salut d’adieu au bienveillant CVD suivi d’une soirée en compagnie de Catherine, ultime représentante de la « mission E » encore présente à Dakar, et nous partons le mardi 30 mars au matin, direction  les îles du Cap Vert, situées à quelque 350 milles du cap éponyme.

Le vent de secteur nord implique une navigation au près sur un seul bord pour rejoindre  l’île de Sal -ainsi nommée en raison de l’importance de ses salines-, passage quasi obligé pour raison de formalités d’entrée. Heureux de retrouver le grand large, notre Alioth cavale à 7/8 nœuds sous un alizé de 15/20noeuds permettant de tracer sans  mollir une distance de 200 milles en 24h.

Sous cette allure toujours un peu inconfortable et après notre long séjour fluvial, nous nous surprenons à devoir nous réamariner, réapprendre la gîte et nous réadapter au rythme des quarts de nuit. Notre pâle Grégoire couleur Viking souffre un peu d’un soleil sans pitié, Luc se fait mal (au pied bien sûr !) et Dominique se blesse à l’épaule gauche à l’occasion d’une mauvaise chute à bord…

Après avoir longé la surprenante côte orientale de l’île de Sal -aux formes si  géométriques qu’on la croirait modelée de la main de l’homme- nous mouillons le jeudi matin à Palmeira, lieu a priori sans charme doté en toile de fond d’un dépôt d’hydrocarbures et d’un quai assez rustique destiné aux activités  portuaires. Mais l’accueil à terre est très chaleureux et la musique omniprésente dans ce décor mi-Brésil, mi-Portugal.

Le vendredi matin nous décidons de reprendre nos documents de bord, déposés la veille auprès de la police maritime, afin de partir dès le vendredi soir pour rejoindre Sao Nicolau le samedi au lever du jour. Mais le calendrier semble en décider autrement car le Vendredi Saint est jour férié en terre capverdienne…  L’idée de rester bloqués à Sal jusqu’au mardi nous séduit peu mais la complicité de la police nationale jointe à la bonne volonté de notre policier maritime retrouvé sur les quais en tee-shirt, bermuda et tongs, nous permettent de récupérer -sans passe-droit ni pourboire- nos précieux papiers dans des bureaux ré-ouverts spécialement pour l’occasion. Chapeau les capverdiens !

Nous serons moins chanceux dans une quête de radiographie destinée à diagnostiquer l’état de l’épaule de Dominique et qui nous conduira à Espargos puis à Santa Maria : les services des cliniques et hôpitaux sont fermés  et, sur les conseils du Dr Luc, un bandage (de trois semaines…) fera finalement l’affaire. La visite à Santa Maria nous permet de découvrir le gigantisme des complexes touristiques de l’île qui, à proximité d’aéroport, s’insèrent entre plage idyllique et immensité désertique.

Arrivee-sur-Tarrafal-copie-1.JPGForts de ces deux résolutions de problèmes, nous partons le  vendredi soir comme prévu pour rejoindre à Sao Nicolau un magnifique mouillage ignoré des guides mais chaleureusement recommandé par Christian, notre co-missionnaire VSF.  L’endroit est somptueux : la montagne dévale dans l’eau turquoise, la transparence de la mer révèle les fonds par 15m et une petite exploration en masque tuba ouvre l’accès à un très beau parterre de poissons multicolores. Malheureusement les vents dévalent de la montagne à la manière des  « williwaws » patagoniens… et nous amènent à interrompre brusquement notre halte pour partir nous réfugier sur la côte Ouest, au mouillage de Tarrafal, où les vents persisteront à souffler à 35 nœuds durant 24h.

Là, les hautes montagnes arides creusées d’impressionnants canyons nous surprennent autant queRB5-copie-1.JPG le village de pêcheurs, quasi incongru, posé à leurs pieds.  Nous apprécions merveilleusement cet endroit si imprévu : la gentillesse des habitants, la beauté du paysage, la venue à bord des pêcheurs auxquels  nous ne saurons  refuser ni le thon ni la langouste, l’inexistence du tourisme, les baignades en eau transparente … Tout aussi intrigante est la visite de la capitale voisine de Ribeira Brava située à 26km. Le transport se fait, comme partout aux Iles du Cap Vert, dans un « aluguer », très intelligent compromis entre bus et taxi. La traversée des montagnes, absolument splendides et vertigineuses, nous donne le sentiment d’évoluer en Cordillère des Andes. Quant à Ribeira Brava, elle a le charme d’un très touchant petit village de montagne : jamais visite de capitale se sera montrée si peu chronophage… 

Au titre des observations :

-          les Capverdiens sont réputés pour leur pauvreté mais leur niveau de vie est incontestablement bien supérieur à celui des Sénégalais du Siné Saloum,

-          si les capverdiens gouvernent l’univers des épiceries, les bazars sont le monopole des chinois qui y offrent dans tous les villages des îles une gamme normalisée de vêtements en tous genres, équipements ménagers et produits de toilette,

-          les églises évangélistes font flores et le tout petit village de Tarrafal compte à lui seul pas moins de cinq ou six institutions concurrentes,

-          enfin, les phares et feux ont une caractéristique commune au Cap Vert : celle d’être tous éteints la nuit.

Le mardi 6 avril est une intense journée ménage-bricolage-carénage-matelotage durant laquelle le talentueux Grégoire apporte de nombreuses et précieuses compétences.  Nous partons le lendemain matin, mercredi, pour l’île de Sao Vicente éloignée de 45 milles.

La trinquette que nous avons voulue sur emmagasineur nous pose toujours quelques problèmes structurels dont Grégoire fera tristement les frais au travers d’une déchirure musculaire qui ampute l’équipage -heureusement pour peu de temps- d’un nouveau bras gauche…

Le spectacle des îles de Razo, Branco, Santa Luzia et Sao Vicente longées par le nord est magnifique et l’arrivée entre Santo Antao et Sao Vicente au coucher du soleil est de toute beauté ; mais dans cette région réputée très poissonneuse, nous réussirons l’exploit d’arriver au port bredouilles...

Passé le vaillant « îlot des oiseaux », garde austère et puissant de la baie de Mindelo, nous entrons au mouillage face à un magnifique amphithéâtre de montagnes et un envoûtant environnement portuaire évocateur des années 50. Dans ce paysage digne d’une aventure de Corto Maltese, de merveilleux dessins et aquarelles glissent magiquement sous les crayons et pinceaux de Grégoire… L’annexe sait en tirer profit, et se fait gratifier sur ses boudins rebondis d’une signature du nom d’Alioth superbement exécutée par l’artiste du bord.

Dessin-copie-1.JPG

Final-touch.JPG

Le samedi et le dimanche nous embarquons sur le « Mar D’Canal », ferry qui joint Sao-Vicente à Santo Antao. Nous passerons deux jours sur cette île merveilleuse en appliquant tous les bons conseils de notre ami Christian… dont celui d’acquérir un bon vieux « grogue » (le rhum capverdien) et quelques kilos des délicieuses pommes de terre locales. Après la grandiose platitude  du fleuve Saloum et de ses paysages de mangrove, la verticalité tourmentée des paysages de l’île nous bouscule quelque peu. C’est en « aluguer » que nous explorons la partie nord-nord-ouest, la plus verdoyante de l’île qui est un peu le jardin potager de toutes les îles du Cap Vert. Dominique et Grégoire enrichiront courageusement le parcours à l’occasion d’une belle ascension en montagne en guise de mise en jambes le dimanche matin.

Distillerie-artisanale.JPGDistillerie artisanale

De retour à Mindelo, nous nous inscrivons dans une nouvelle phase de préparation d’un départ qui devrait avoir lieu dans le courant de la semaine et dans cette attente, la dynamique Alliance française locale nous fait bénéficier de son excellente connexion Internet.

Sous le charme de ces îles magnifiques  que nous aurons quelques difficultés à quitter, nous avons une pensée pour Jérôme (Soly) qui suggérait un séjour de deux à trois mois pour prendre la vraie mesure des îles du Cap Vert…

 

 

Mention spéciale à l’intention des saint-vaastais

Nous signalons avoir relevé deux véhicules tout à fait suspects le dimanche 11 avril sur l’île de Santo Antao. Toute personne susceptible d’apporter des réponses à l’une et/ou l’autre des interrogations suivantes est priée de bien vouloir se manifester sur www.team-alioth.fr

Indice 1 – Arielle rôderait-elle incognito sur les pas d’Alioth ?

 Troublante-rencontre.JPG

Incice 2 – Les frères Pinteau contourneraient-ils la réglementation européeenne en venant pêcher en eaux capverdiennes ?

 Etonnant-copie-1.JPG

 

 

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 23:52

Notre deuxième mission, dite « mission E », car 5ème du genre sur les six missions de la campagne VSF 2009-2010, s’amorce après un retour de jour sur Dakar suivi d’une intense journée de changement d’équipe intégrant rangement, nettoyage du bord et chargement de l’avitaillement en vue de l’accueil de nos nouveaux co-équipiers. Le dîner au CVD -Club de Voile de Dakar- marque le passage de la mission D à la mission E et, heureux de repartir pour un nouveau périple missionnaire avec une très prometteuse et jeune équipe, nous n’en regrettons pas moins de quitter nos compagnons de la première bordée dont l’action a été si chaleureusement et efficacement menée sous la houlette de Max (et de Monique).

Les deux bateaux repartent le samedi matin, direction Mare-Lodj. Nous sommes supposés rejoindre le village de Diogane le dimanche en vue de mener les démarches protocolaires et de procéder à l’installation au dispensaire. Mais l’étroitesse des bôlons et la marée basse de milieu de journée nous piègent après trois talonnements dont Alioth aurait volontiers fait l’économie. Les questions logistiques reprennent le dessus et grâce aux bons offices de Vao-Vao, le matériel et le reste de l’équipe parviennent à rejoindre Diogane en temps utile.

P1040020.JPG
La mission est équipée de trois dentistes : Philippe -par ailleurs coordinateur-, ainsi que Pauline et Xavier*-coordinateur en formation- qui ne partagent pas dans la vie que leur passion professionnelle. Ils sont accompagnés de Stéphanie, intendante et assistante dentaire. On trouve également Catherine dans le rôle de l’infirmière, Marie, dans celui de la sage-femme, Fatou dans celui de l’opticienne et Luc dans celui du médecin.  Dom et Alain d’une part, Christiane et Dominique d’autre part skippent respectivement les deux unités Vao-Vao et Alioth. N’oublions pas Mame-Mor, pilier de l’organisation sur site qui, à chaque mission, a la rude tâche de s’adapter à une nouvelle vague d’interlocuteurs et de managers.

P1040068.JPGLe lundi matin, malgré les difficultés de la veille, chacun-e est  à son poste en temps utile auprès de Diakhou l’excellente infirmière du lieu. La semaine mêlera aux activités médicales, moyennement intenses, de Luc, des aides ponctuelles et désormais traditionnelles de Christiane et Dominique aux « médicaux ».  Christiane perfectionne son « sérère » d’un vocabulaire très ciblé :






-
         
A doma dom ( ?) : ça fait mal (?)

-          Yambati : ouvre

-          Yambati a pakh : ouvre très grand

-          Dufdi : crache

-         

L’impressionnant carénage de Vao-Vao, le repérage des profondeurs du prochain bôlon pour éviterP1040035.JPG de nouveaux « plantages » et  le très regretté départ de Dom et Alain qui nous quittent le mardi pour remonter sur Dakar font partie des moments marquants de ces quelques jours.  Le fort sympathique Jérôme et son « Soly » nous rejoindront en fin de semaine pour prendre le relais au moment où Dominique ainsi que Stéphanie reprendront par voie aérienne la direction de Paris. Dominique, généreusement doté par l’équipage d’un magnifique bermuda élégamment réalisé par le tailleur de Diogane, se réjouit de la perspective d’une petite immersion familiale et fédérale au cours de laquelle il ne risque pas d’oublier Alioth à voir l’impressionnante liste de courses dont il est chargé….

Après Diogane, Siwo. Ce village semble le plus pauvre de tous ceux rencontrés jusqu’alors. Mais l’accueil des habitants est formidablement chaleureux, comme à Falia. Les instituteurs se mettent en quatre pour faciliter le travail et les opérations de dépistage, prévention et soins s’enchaînent à bon rythme.  Au cours de journées très chargées, Luc, confronté à des pathologies lourdes, se heurte au manque de moyens thérapeutiques et à la distribution, parfois fantaisiste, par la matrone locale des traitements prescrits.

Nous vivrons une étonnante soirée musique et danse le dimanche soir : sur l’esplanade de sable qui sépare le dispensaire de l’école française, quatre énormes enceintes reposent sur une table basse de style bretonnant. Tandis que les hommes se prélassent  dans des fauteuils de jardin, les femmes  se contentent d’une assise sur bancs et c’est grâce au groupe électogène de VSF et dans la nuit noire du village que le DJ pourra lancer la soirée…

Autre manifestation amicale et touchante, la fête folklorique organisée par les maîtres de l’école française la veille de notre départ. Une centaine d’enfants, deux joueuses de tam-tam et une salle de classe de l’école française : durant plus d’une heure, les garçons d’un côté et les filles de l’autre, enchaînent des danses à des rythmes et avec une intensité sonore, physique et visuelle assez impressionnante.  VSF est dignement représenté par Catherine, Fatou, Marie, Pauline et Xavier -tous membres fort appréciés de l’équipage Alioth- qui n’hésitent pas à se confronter, avec talent et non sans créativité, aux exigences de la danse africaine.

Siwo est contigu à un stupéfiant site de fumage de poissons exploité par les Guinéens. Celui-ci se présente à nous dès le premier soir,  émergeant de la mangrove longée par voie d’eau. Les Guinéens y achètent leurs poissons aux Niomynkas, pêcheurs du Siné-Saloum, et les fument sur de très longs fours en briques de plein air. Le bois -des palétuviers- est entreposé sur la plage, les énormes quantités de poissons sont stockées dans des bacs ou dans des sacs, sur des bâches ou à même le sol, le tout par catégorie (queues, têtes, corps, résidus…). Un vrai village fait de huttes très rudimentaires  constitue ce misérable campement saisonnier (de décembre à mai) où semblent vivre quelque deux cents personnes. Le travail y paraît harassant, les enfants ne sont pas scolarisés, femmes et hommes sont lourdement mis à contribution. 

P1040058.JPGTrès précieux Mame Mor...

En milieu de semaine, le quatuor familial du bateau havrais et VSF « Apata » nous fait le plaisir de sa visite à Siwo pour continuer ensuite sa route vers la Casamance.

Les Sénégalais sont un peuple de pêcheurs qui sillonnent inlassablement la Petite et la Grande Côte et les bôlons du Siné Saloum de leurs pirogues aussi instables que magnifiquement décorées. Les croisements fréquents nous amènent à nous gratifier respectivement d’amicaux saluts, voire à échanger quelques mots. La vigilance s’impose pour éviter collisions, filets, flotteurs… Mais les approches peuvent se révéler moins courtoises. D’aucuns, sous prétexte d’aide semblent vous envoyer résolument dans leurs filets, d’autres n’hésitent pas, au risque de leur vie, à changer brutalement de cap pour vous couper la route : la pauvreté locale repère parfois dans les bateaux de plaisance une opportunité lucrative, les accidents se soldant par des indemnités aux imprévisibles montants.

Fait inédit jusqu’alors, Alioth, lors de sa dernière remontée vers Dakar, se voit poursuivi par une fort banale pirogue en polyester montée de quatre pêcheurs un tantinet malfrats qui le somment avec insistance de s’arrêter au prétexte d’un contrôle douanier. Seuls à bord, Christiane et Luc craignent un abordage autoritaire mais imposent des refus catégoriques joints à quelques sourires, question de détendre l’atmosphère. Un fusil sort des fonds de la pirogue accompagné de menaces pas très convaincantes. Est-ce le divertissement provoqué par un banc de dauphins ou la perspective de la venue de quelques pirogues avoisinantes ? … Nos agresseurs  lâchent subitement prise mais quelque chose nous dit que ni eux, ni nous n’en sont à leur dernier coup…

Alioth rentré à Dakar fait ses adieux au Sénégal à quelques jours des festivités des 50 ans de l'indépendance (6 avril 1960), pays dont Grégoire, notre compagnon de traversée, plaisante la devise "un peuple, un but, une foi", en la traitant d'histoire belge... Nous n’entendrons plus les interpellations enfantines « toubab, toubab » ni les « bonjour, comment ça va ? »  ou les « comment-tu-t’appelles ? » qui auront uniformément ponctué nos aller et venues dans les villages. Si ces six semaines d’action VSF n’auront pas été de tout repos, notamment du fait de la chaleur, elles se sont avérées riches et intenses à bien des points de vue.

Alioth se fait une joie de reprendre le large après avoir vaillamment assumé sa mission d’hôtel fluvial flottant un peu contre nature et après le retour de Dominique programmé le 28 mars, -et malheureusement sans la compagnie un moment envisagée de Marie-Ange et de Thibaut- nous serons heureux avec Grégoire de partir à la découverte du bel univers des îles du Cap Vert.

Il faut ajouter, au cours de ces derniers jours, une pensée toute particulière pour la sculptrice Cécile Raynal qui expose à la CCI du Havre son œuvre « Persona, personae »** : un grand moment que nous aurions aimé partager avec elle et que nous conseillons à celles et ceux qui auraient envie de vivre une puissante et émouvante rencontre artistique.

 

*Hors contexte du Siné Saloum, petite histoire vécue par Xavier sur le sol français à l’occasion d’une prescription à une patiente de comprimés de Doliprane destinés à calmer son mal de dents ; celle-ci s’énerve : « mais non Docteur, le Dolicrane, c’est pour le crâne, moi il me faut du Dafaldan, c’est pour mes dents. »

** « Persona, personae » sera exposé à l’Abbaye aux Dames à Caen pendant le mois de mai.

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 14:45

Nous avons vécu à Falia, troisième lieu d’exercice de la mission en cours, des moments intenses et chaleureux qui entrent en résonnance avec les mots du Sérère Léopold Sedar Senghor - dont notre célèbre Mame-Mor serait le petit neveu-  « écoutons battre le pouls profond de l’Afrique dans les villages perdus. ».

A30-Ouverture des coquillagesTout petit village de 800 âmes situé en bordure de bôlon d’une île elle-même perdue dans l’espace sans fin du fleuve Saloum, Falia vit durement et très pauvrement de ses activités de pêche. La case de santé tenue par le sympathique Ibrahima est bien petite pour nous accueillir mais avec un peu d’imagination et l’aide très active de la population, les deux pièces de consultation sont prêtes à recevoir les cabinets de la sage-femme et du dentiste. Le petit bureau d’Ibrahima se transforme en pharmacie,  l’espace extérieur de salle d’attente étant -un peu inconfortablement-  dévolu aux opticiennes.  Les patients attendront leur tour à l’ombre de l’arbre, pour l’occasion meublée de quelques bancs ; une maison voisine en attente d’une fin de construction improbable sera  en un temps record débarrassée de ses gravats et de sa poussière pour se transformer en éphémère  cabinet médical des bons docteurs François et Tincelin.

L’activité est très intense pour tous sur la première journée et soutenue sur les deux autres. Christiane et Dominique sont investis de la pharmacie « Sava bien » dont il faut, au cours de la première matinée, dresser l’inventaire avant de pouvoir délivrer les prescriptions.  Christiane, aidée de la très efficace et amicale interprète Seynabou, poursuivra dans ce rôle en se débrouillant  de ses comptes d’apothicaire tandis que Dominique poursuivra son assistance opticienne et s’investira d’une efficace fonction d’agent général dans cet espace un peu compliqué qui est le nôtre où il se fait tout à la fois agent de liaison, service d’ordre et office de renseignement.

Ayant jugé trop élevé le prix de 12000F CFA de la coupe de cheveux dakaroise, Dominique et Luc, les deux frères « même père, même mère », testent la coupe Falia au modique prix de 3000F CFA. Supportés par une bonne part de l’équipe durant le temps de la très atypique opération, les deux  aventuriers s’en sortent avec quelques étonnants dégradés dont Dominique, en homme prudent car proche de son retour sur Paris, avise Arielle le soir même à des fins de préparation psychologique.

Le 8 mars marque les deux mois du départ de Cherbourg.  Il est aussi l’emblématique journée de la femme et les hommes d’ordinaire déjà très « contributifs », se mettent  galamment en quatre pour marquer l’évènement. C’est enfin le jour anniversaire de Fatou qui sera fêté au cours d’un dîner au « campement » que Max enrichira de ses délicieuses nougatines et Jean-François d’un savoureux récit dentaire en patois chti. A noter qu’humanitaire ne rime pas forcément avec austère : sans vouloir énumérer tous les bons plats qui ont marqué les dîners de cette mission, les montagnes de crevettes, les deux superbes puddings de JF -dégustés avec une pensée toute spéciale pour nos amis de Parsifal généreux donateurs des raisins- et la magnifique lotte superbement cuisinée par Christian et Dominique sont des faits qui méritent d’être salués.

Pour revenir à l’essentiel de notre mission, les trois journées se clôturent sur une réunion de bilan très satisfaisante. Les soins apportés, la qualité du climat de coopération et la valeur des fonds remis au comité de santé ont été extrêmement appréciés et nous quittons Falia très touchés par ces journées si riches de rencontres et d’utilité.

A28-La pharmacie Sava Bien
Pendant ce temps le projet d’extension du dispensaire de Niodior est en bonne voie : les autorités médicales de Foudjoune ainsi que le Président de la communauté rurale ont décidé de le soutenir et d’en assurer la maîtrise d’œuvre.

Retour obligé mercredi par Mare Lodj pour des raisons logistiques au cours d’une journée qui, a priori tranquille, s’entête à s’égrener de micro incidents réductibles à cinq concepts fondamentaux :

-          Les antibiotiques c’est pratique mais pas systématique

-          Panne d’essence en prame vaut galère sans rame

-          Ne pas confondre vitesse et précipitation

-          Le mieux est l’ennemi du bien

-          Rien ne sert de courir, il faut partir à point

 Départ jeudi pour Dakar où s’effectuera le passage de la « mission D » à la « mission F » pour laquelle nous ferons, durant huit jours,  à nouveau équipe avec Vao-Vao pour notre plus grand plaisir.

Depuis notre départ, la catastrophe d’Haïti, le séisme du Chili, les pluies diluviennes et glissements de terrain de Madère, jusqu’à la tempête qui a sévi en France le 28 février ne nous laissent pas indifférents et nous pensons à vous tous qui vivez toujours dans le froid hivernal en espérant que le proche printemps saura vous apporter un nécessaire réconfort.

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 10:02

  
Notre deuxième semaine de mission est en voie d’achèvement. Après un premier temps passé dans le village de Dionewar, l’équipe a, durant le week end, pris position au dispensaire de Niodior situé sur l’île voisine. Après un mouillage face à Nodior rapidement abandonné pour causes d’instabilité et d’éloignement d’une part, et de quasi naufrage de l’annexe VSF d’autre part, le retour au paisible mouillage de Dionewar et la mise en réparation de l’annexe se sont vite imposées. Les distances étant longues, différentes initiatives ont été entreprises pour assurer les transports journaliers :

-          L’aller-retour en pirogue dont le houleux, et pour tout dire risqué, retour dans le travers des vagues n’ouvrira pas la chance à une deuxième tentative

-          L’aller-retour en charrette tractée par le valeureux Sarkozy stimulé par les encourageants « Achoï-Achoï » d’Ousmane qui ne craint pas de perdre ses points de permis en téléphonant de son portable

-          Ou encore coucher à Niodior à « la maison blanche », solution adoptée par une partie de l’équipe de Vao-Vao.

P1030883.JPGLes journées à terre se ressemblent : consultations le matin, déjeuner sur place d’un « thieboudienne » -riz au poisson- ou d’un « thieboudia » -riz à la viande- assis au sol sur une natte en partageant la même assiette-plat, le tout arrosé d’un « bissap », boisson nationale à base de fleurs d’hibiscus. Reprise des consultations après « la grosse chaleur », soit vers 15h-15h30.

Jean François, le dentiste, ainsi qu’Amélie et Fatou, les opticiennes, ont des journées bien chargées. En revanche, le reste de l’équipe médicale est plutôt sous employée : les deux villages de Dionewar et Niodior bénéficient chacun d’un excellent dispensaire placé sous l’autorité respective de deux ICP -Infirmiers Chefs de Poste- qui, au Sénégal, ont le rang de médecin. Les doubler par des actions ponctuelles est au mieux surabondant -quoiqu’éventuellement reposant pour l’ICP concerné- et au pire maladroit.

Chacun-e fait de son mieux néanmoins pour se rendre utile :

-          Les tâches d’entretien des bateaux et d’intendance générale reviennent naturellement aux skippers

-          Christian et Luc, les deux médecins, complètent leurs temps de consultation par des actions de détection ophtalmologique auprès des publics scolaires en vue d’alléger la tâche des deux opticiennes ; Luc anime par ailleurs des séances de formation-information auprès des lycéens

-          Martine, la sage-femme, organise des « causeries » avec les femmes du village

-          Christiane, en appui de l’inébranlable Monique, s’initie à l’assistance dentaire pour se faire experte dans la tenue du crachoir face à l’infatigable Jean-François et à Marie-Pierre, la très charmante et compétente interprète locale P1030892-copie-1.JPG

-          Les skippers, Alain et Dominique, se font les arpenteurs-géomètres-architectes d’un projet d’extension du dispensaire porté par Christian. Christian et Christiane en finalisent le dossier présenté aux autorités de Foudjoune en fin de semaine. Dominique est chargé de rencontrer le maçon qui promet et fournit son devis dès le lendemain. 
P1030929-copie-2.JPG
- Dominique coordonne par ailleurs la logistique retour du matériel entre Niodior et les bateaux.
P1030935.JPG

-          France-Lise et Dom forment les enseignant-e-s aux premiers gestes du secourisme

-          quant à Alain, il assure généreusement sur l’annexe de Vao-Vao les nombreuses navettes de bateau à terre, terre à bateau, bateau à bateau… et vice-versa…. pour compenser l’absence de l’annexe VSF en réparation et les peux courageux aliothistes qui n’ont pas sorti leur propre « tender ».


Le tout sous la haute coordination de Max aidé du très entreprenant Mame-Mor.

Logistique encore, Vao-Vao est parti  ce jeudi matin pour récupérer à Mare-Lodj le matériel de polissage des verres nécessaire aux oculistes et permettre à Christian et Max de participer à la réunion de Foudjoune.

Vendredi après-midi, « on démonte ». Samedi matin, les deux bateaux partent pour Falia, dernière étape de cette première mission avant un nouveau passage à la base de Mare-Lodj et un retour sur Dakar programmé pour la journée du jeudi 11 mars. L’occasion, entre autre, de remettre un peu le bateau sous voile et de refaire le plein d’eau.

Après l’agitation désordonnée de Dakar, la vie dans les villages est d’une surprenante sérénité. Les rues en sable sont couvertes de coquillages qui font office de gravier. Chèvres et poules y vivent en toute liberté tandis que les ânes sont le plus souvent au piquet. Les palmiers bordent les plages magnifiques et désertes hors activités de pêche.

Au petit ponton de Niodior, les porte-containers se réduisent à la taille des pirogues, la main d’œuvre juvénile fait office de dockers et les sacs de riz ou les planches de bois transitent sur des charrettes à âne.

Inlassablement, les femmes, les jeunes filles, les petites filles, toujours en mouvement, transportent enfants sur le dos et bassines sur la tête. Les blouses des collège ou lycée affichent celles et ceux qui se destinent à faire des études. Ecole  arabe et école coranique offrent au choix des parents deux autres types de parcours scolaire.  L’Islam est omniprésent dans la société.

Les hommes sont à la pêche… ou dans la case à palabres. Les tout petits sont partout et crient « toubabs, toubabs » en espérant toujours un cadeau ou le plaisir de se voir pris en photo. Ils aiment nous accompagner en nous donnant la main mais la conversation s’arrête immanquablement à un « bonjour, comment tu t’appelles ? » dont ils semblent en général ne pas dépasser le sens.

Les maisons sont en parpaings, le plus souvent couvertes de tôles ondulées. Elles inscrivent l’espace familial autour d’une cour carrée et fermée. La polygamie est de droit, la circoncision de rigueur, l’excision clandestine.

Pas ou peu de boutiques : à l’exception de l’approvisionnement extérieur en riz, les deux villages semblent vivre en quasi autarcie. Une étonnante « boutique-auto » déconcerte dans ce paysage sans voiture. La petite halle de Niodior est éloquente sur l’économie locale : la douzaine de femmes présentes viennent chacune y vendre quelques unités de poivrons, aubergines, choux ou tomates de leur jardin. 

A proximité des villages, règnent les imposants baobabs sacrés entourés de leur cercle de cocotiers. La nuit laisse entendre le hurlement des chacals occasionnellement surpris en plein jour dans leur course sur des aires sans limite. De jour les oiseaux, nombreux, offrent des harmonies nouvelles à nos oreilles. Le paysage des bôlons et de la mangrove en impose par sa grandiose simplicité.

Tout ceci est une riche expérience qui nous laisse malgré tout interrogatifs sur notre courte et nouvelle vie de « missionnaires ».  Le questionnement « quoi, pourquoi, où, quand, (pour) qui, comment » mérite d’être posé sans que nous soyons encore, dans l’état actuel des choses, capables d’y apporter nos propres réponses. « Sois à l’écoute, tout parle, tout est parole, tout cherche à nous communiquer une connaissance » dit un vieux proverbe africain.

Merci à l’hôtel Delta Niominka* pour la connexion fournie durant ces quinze jours !

* Les Niominkas des îles du Saloum sont comme les Lebou du Cap Vert, des peuples pêcheurs Sérères.

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:08

Rituellement accueillis par ces chaleureuses  interrogations sénégalaises, nous sommes maintenant totalement immergés dans la mission « Voiles Sans Frontières ». Le vendredi 19 février a vu se coordonner, au Centre de la Voile de Dakar, les derniers préparatifs : accueil des membres de l’équipe, avitaillement et préparation du bateau, brief de début de mission, le tout suivi d’un sympathique « dîner de gala » au CVD où excelle toujours la réputée Khaddi.  C’est pour nous aussi le moment de dire au-revoir à Elisabeth qui repart dans la froideur parisienne mais qui fut un membre à part entière de l’équipe VSF au cours de cette très active semaine. Chapeau !

L’équipe comprend :

-          Max, le coordonnateur, et Monique, son épouse,  également intendante et préposée, dans ces circonstances, à l’assistance dentaire : leur enthousiasme, leur ouverture d’esprit et leur expérience confirmée seront des atouts précieux pour la réussite de notre projet commun

-          Christian et Luc les deux médecins, entre lesquels se créent, dès les premiers instants, complicité professionnelle et espièglerie partagée

-          Jean François, le dentiste, qui, comme Christian, et pour notre plus grand plaisir, partage notre bord

-          Amélie, opticienne et son homologue Fatou, jeune sénégalaise formée et accompagnée par VSF,  qui débutera dans quelques mois son activité professionnelle à l’hôpital de Foundjoune. Ce sont les deux plus jeunes actrices de la mission mais aussi les malheureuses victimes d’une forte sensibilité au mal de mer qui les poursuit jusque dans les fonds des bôlons…

-          Martine, la sage-femme, à la recherche perdue d’un  mode de fonctionnement compatible avec les pratiques affirmées des matrones locales

-          France-Lise, qui rime avec valises, est la dynamique infirmière de la mission

-          et puis il y a Mame-Mor mais un chapitre entier ne suffisant pas à décrire Mame-Mor, nous irons à l’essentiel : habitant de Dionewar, Mame-Mor est un jeune sérère de 27 ans, recruté par VSF en qualité d’’interface culturel’ ;  en relation avec Max et sous son autorité, il débrouille avec beaucoup d’habileté, toutes les situations…

Le 19 au soir, nous levons l’ancre, heureux tout à la fois de débuter cette première mission VSF et de quitter la baie de Han terriblement polluée et dont  notre Alioth gardera quelques stigmates.

La navigation de nuit se fait essentiellement au moteur avec une veille attentive vis-à-vis des pirogues, nombreuses, qui souvent ne s’éclairent  qu’au moyen d’une brève réanimation de leur brasero.  Nous arrivons au petit matin face à Djifer, petit port de pêche échoué sur une fragile langue de sable. De façon un peu angoissante,  il s’agit d’évoluer,  à quelques dizaines de mètres de la plage, entre deux barres de rouleaux. Mais grâce au pilotage exercé de Max et de Mame-Mor,  Alioth fait son entrée sans encombre dans le si attendu fleuve Saloum.

P1030774.JPGNous remontons le samedi matin le fleuve jusqu’à  Mar-Lodj, petit village situé sur un bôlon et base logistique de VSF. Les bras des rivières -dits bôlons- ne sont le plus souvent pas cartographiés sur nos écrans ce qui en rend la lecture quelque peu surprenante.  La remontée est délicate tant les bancs de sable sont nombreux ; mais nous arrivons, toujours grâce à l’aide de nos deux pilotes,  à bon mouillage en fin de matinée pour retrouver le reste de l’équipe venu par voie de terre en attendant l’arrivée  de « Vao-Vao » l’autre bateau de la mission.

Notre kayak vit sa première mise à l’eau. Il fait près de 40° à terre. L’équipe souffre de la chaleur et une délicate opération de classement de lunettes s’éternise en plein ‘cagnard’ …

Après une soirée animée à bord d’Alioth et un volumineux chargement de matériel sur la jupe arrière le dimanche matin, nous sommes onze à bord pour une descente du Saloum jusqu’à Dionewar, premier village dans lequel s’ancre la mission. Le paysage est grandiose de simplicité : l’eau s’immisce dans les palétuviers et seules les mouettes rieuses, les hérons gris et les pélicans accompagnent notre périple fluvial. On se prend à penser que les huîtres de palétuviers se sont peut-être ici donné l’appellation ‘huîtres de bôlon’…. Une ou deux infrastructures  touristiques polluent le paysage et le sentiment d’authenticité des lieux mais nous renvoient fort à propos à nos pratiques touristiques respectives… Dès l’arrivée, l’équipage rejoint le centre du village pour un premier contact officiel placé sous l’arbre à palabres et chaleureusement accompagné de rythmes africains.

Le lundi, l’équipe médicale s’installe au dispensaire du village situé à une vingtaine de minutes à pied du mouillage. Après le déchargement à l’aube et sur charrette du cheval Sarkozy (sic), Jean-François et Monique installent le cabinet dentaire ‘volant’. Christian et Luc se voient chacun affecter un bureau de consultations.  Amélie organise sa boutique lunetière et Martine est partagée entre la répartition des consommables médicaux et un accouchement difficile venu saluer son arrivée dès la première matinée. Christiane et Dominique, peu familiarisés avec la pharmacopée, se voient confier dans une configuration administrative déroutante, l’inventaire et la répartition des médicaments destinés aux  trois centres de Dionewar, Dionior et Falia, les trois lieux d’intervention de la mission.

Les consultations ont lieu chaque jour de la semaine, du lundi au vendredi soir.  Luc est assisté deP1030823.JPG la très chaleureuse Nima, matrone et infirmière remplaçante. Il est tout particulièrement heureux de soigner avec succès le pied très infecté du petit Cheillh : il en a de la chance le petit Cheilh, car en matière de pied, le toubib toubab en connaît un rayon !

Le mardi Christiane et Dominique, en compagnie de Sylvain, skipper de Parsifal qui a participé à la mission précédente, remontent par la route vers Dakar pour combiner formalités administratives, achat d’un complément de produits pharmaceutiques, approvisionnement et accompagnement jusqu’à Dionewar de Vao-Vao dont les propriétaires, Dominique et Alain sont arrivés le jour même dans la baie de Han. Les transports en ‘7 places’ comme les achats de médicaments pharmaceutiques ou les formalités douanières et policières sont à eux seuls  des micro-aventures qu’il serait trop long de détailler ici…

Les documents d’Alioth n’étant pas encore disponibles à la direction des douanes, Sylvain, malgré Armelle et les petites Louise et Margot qui l’attendent à Dionewar sur Parsifal, a la gentillesse de prolonger de vingt quatre heures son séjour dakarois pour permettre à Vao-Vao de partir au plus vite ce dont nous lui sommes sincèrement reconnaissants.  Le mercredi matin nous levons l’ancre sur le magnifique catamaran Freydis de 49 pieds de Dominique et Alain en vue de rejoindre l’ensemble de l’équipe à  Dionewar. Faute de vent, nous arrivons à la tombée de la nuit pour un dîner sur la plage  musicalement accompagné par Mame-Mor et ses amis.

Jeudi,  Christiane et Dominique partent en mer en début de journée pour une opération de désalinisation : les fonds du bateau sont bas et la gestion de l’eau, douce et a fortiori potable, est un vrai sujet. C’est aussi l’occasion d’un grand nettoyage du bord, extérieur et intérieur, le tout entrecoupé d’un succulent  bain de mer dans une eau réconfortante.

Vendredi, est la dernière journée  de consultation à Dionewar. Alain et Dominique partent repérer la remontée sur Falia -site de la 3ème semaine de mission- et effectuer un ensemble de relevés sur le bôlon particulièrement peu profond. A 18h, réunion de bilan et d’adieu au village. Le soir Alioth accueille à bord ses amis Vao-Vao et Parsifal et démontre sa capacité à recevoir pour dîner un aéropage de 18 personnes.

Samedi matin, rangement du matériel, chargement sur les bateaux et départ dans l’après-midi pour Niodior, village d’origine de l’écrivaine Fatou Diome dont le roman « Le ventre de l’Atlantique » constitue une belle évocation du Siné Saloum et des relations ambigües qui lient France et Sénégal sur les questions de l’immigration.

Il est difficile de décrire la richesse de tous ces moments vécus en relation avec les habitants et leur très touchant village. Nous sommes plus que jamais conscients, selon la belle expression de  Marguerite Yourcenar,  de vivre chaque jour « des matins qui ne reviendront pas ».

A demain, sûr-peut-être, Inch’Allah

 

 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:47

VSF, mission 1 - Préparatifs

Max et Monique, les responsables de la première des  deux missions de VSF,  arrivent le samedi 13 février munis de notre nouvelle girouette électronique : un grand merci à eux de ce précieux service aérien !

Progressivement, nous commençons à programmer avec eux notre départ pour le Siné Saloum prévu le vendredi 18 février au soir. Christian, autre médecin de la mission, arrive le 16 février après-midi, en précédant de peu le reste de l’équipe : infirmières, sage-femme, opticiens, dentiste.  Luc s’occupe avec Max de l’achat des médicaments et des démarches auprès du Ministère de la Santé et de la Reproduction (sic). Monique, Elisabeth et Christiane se consacrent aux approvisionnements dont l’équation est celle d’une autonomie complète en eau potable et nourriture -hors déjeuners, toujours pris dans les villages- pour 14 personnes durant 20 jours. Dominique peaufine les préparatifs du bord parallèlement à la finalisation de quelques dossiers FFV.

Vao-Vao, l’autre bateau de la mission, arrivant  le 22 février, la descente de l’équipe vers le Siné-Saloum se fera, vendredi et samedi, pour partie sur Alioth et pour partie par taxi-brousse. Cap sur Mar-Lodj, base logisitique de VSF, où l’ensemble de l’équipe se retrouvera  le samedi en milieu de matinée ; dès le dimanche, navigation dans les bôlons jusqu’à Niodior, lieu d’intervention de la mission pour la première semaine.

Dominique, et sans doute Christiane, remonteront à Dakar en début de semaine par la route pour apporter à Vao-Vao un coup de main en matière d’approvisionnements puis d’accompagnement du bateau jusqu’à Niodior. La seconde et la troisième semaines se dérouleront respectivement à Dionouar et à Falia et s’achèvera par un retour des deux bateaux à Dakar le vendredi 12 mars.

Le monocoque Alioth et le catamaran Vao-Vao repartiront ensuite et en coeur pour une seconde mission de 15 jours… à suivre….

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:04

Sénégal, côté terre

Arrivés à Dakar -Baie de Hann- le 8 février, nous basculons progressivement de la période d’acheminement du bateau vers notre intégration à l’équipe de Voiles Sans Frontières avec laquelle nous participerons à deux missions médicales dans le delta du Siné Saloum du 20 février au 28 mars 2010.

Entre deux, les temps libres, encore nombreux, nous offrent le loisir de quelques ballades touristiques.  Le parcours initiatique débute au marché aux poissons de Hann : un moment surréaliste pour qui ne connaît pas l’Afrique, un temps d’exploration sensorielle et humaine intense. S’ensuit une après-midi d’accomplissement des formalités auprès de la police, des douanes puis de la direction des douanes,  point de départ d’un temps de latence non précisément défini mais néanmoins préalable à l’autorisation officielle de séjour d’Alioth en eaux sénégalaises.

P1030621Pendant ce temps notre ami François, avec lequel nous avons partagé un magnifique moment de navigation, laisse émerger ses souvenirs en redécouvrant la  maison et le collège de ses jeunes années ; conclusion de notre équipée commune sur la superbe plage et au saisissant marché de Yof que nous explorons de conserve avant un  vol direct pour Brest ; un au-revoir marqué d’un fort espoir réciproque d’un retour sur Alioth la saison prochaine en compagnie de Catherine.

Un court séjour à Saint-Louis laisse entrevoir une autre facette de la vie et de l’histoire sénégalaise : flamboyant passé colonial, passablement décati mais empreint d’un charme indescriptible sur cette autre Ile Saint Louis où la pauvreté semble plus flagrante encore qu’à Dakar. L’exploration en pirogue de l’hinterland de la langue de Barbarie qui relie, à quelques dizaines de mètres de distance, les tonitruantes plages de l’Atlantique aux bords sereins du fleuve Sénégal, nous donne accès au spectacle de la faune et de la flore locales. La présence de nombreux hérons nous rappelle cette charmante histoire qui nous fut racontée par notre ami Philippe et que nous destinons à nos petits enfants. Il s’agit de trois petits canards qui rencontrent un héron en l’apostrophant  en cœur : « tapon, tapon, tapon… ». Le lendemain les canetons, croisant à nouveau le héron,  réitèrent : « tapon, tapon, tapon… ». Le troisième jour la scène se reproduit et le héron gentiment agacé les reprend sur un ton qui se veut convaincant : « Héron, héron, petits, pas tapon »…

P1030688.JPGFace à Saint-Louis, le village des pêcheurs de Guet Ndar offre un spectacle incroyablement impressionnant entre concentration des  pirogues, profusion des activités de stockage et de séchage des poissons et grouillement humain qui anime l’ensemble. De la pointe nord de l’île d’où se dessine la frontière mauritanienne, à la pointe sud qui donne vers l’embouchure,  les joueurs de football  envahissent la rue, les tresseuses de nattes toutes vêtues de blanc mènent un curieux cérémonial de danse et de chant et les vendeurs développent courtoisie et humour dans les marchandages qu’ils s’entêtent à nous imposer sympathiquement à chaque coin de rue. « Nous sommes collants comme des mouches mais nous ne piquons pas comme des moustiques » se plaisent-ils à souligner… Très local concert afro-jazz, belle exposition de photographies d’Olivier Beytout, sympathique petit restaurant « le coup de torchon » qui devient notre coup de coeur…

Nous sommes frappés par le tempérament extrêmement chaleureux des Sénégalaises et des Sénégalais, par leur prestance et leur élégance, jusque dans les quartiers les plus démunis,  par leur capacité enfin  à composer  avec flegme avec l’état délabré de leurs véhicules, la confusion du trafic automobile et piétonnier, le manque de travail, l’environnement difficile qui les entoure. Pendant ce temps, la téléphonie Orange affiche sur le terrain une présence envahissante, voire quelque peu déplacée : business oblige.

Au retour vers Dakar, visite de la manufacture de tapisseries de Thiès créée par Lépold Sédar Senghor et l’actuel directeur général du lieu que nous avons le plaisir de rencontrer. C’est de la rencontre entre ces deux hommes qu’est née la volonté d’introduire au Sénégal l’art de la tapisserie en le déclinant  sur un mode propre à la création artistique  africaine. D’où ces manufactures établies à Thiès qui emploient une cinquantaine de personnes et produisent des pièces remarquables d’artistes du Sénégal chaque année sélectionnés sur concours.

Autre parcours historique mené sur le territoire de l’ile de Gorée. Charmante île au styleP1030717 méditerranéen, elle  enferme en son sein la terrible mémoire de la traite négrière symboliquement immortalisée dans le lieu dit « la maison des esclaves ». Le petit musée historique installé dans le puissant fort Jean d’Estrées est d’une belle facture pédagogique mais l’histoire de l’Afrique est formidablement compliquée et nous avons un peu de mal à trouver nos marques sur ce passionnant mais difficile sujet.

… Et puis, subitement, nous voici quelque peu honteux de notre ciel bleu et de nos 25° C à l’annonce du vol plané d’Alexis, fils de Dominique, sur une plaque de verglas parisienne et sur le dur constat de son coude cassé…

Notre vie quotidienne se déroule en relation étroite avec le CVD -Centre de Voile de Dakar- qui accueille les plaisanciers de passage à l’exclusion de toute activité nautique locale. Connexion internet dans le petit bar sympathique de Dominique, délicieuse cuisine de Khaddy, moussantes prestations de lavage de Fatou, navettes taxi incessantes de Moussa et de ses co-équipiers, ventes de l’épicerie Rachid ou de Mama Légumes, dépannages techniques en tous genres… jusqu’au gardiennage de nuit du bateau par un autre Dominique qui permettra notre déplacement à Saint Louis.

Vendredi, nous verrons un peu tristement Elisabeth reprendre l’avion pour Paris : nous aurons partagé avec elle des moments inoubliables et apprécié la constance de sa bonne humeur et son investissement à toute épreuve  dans la vie du bord et dans la préparation de la mission de VSF. Autre présence bien regrettée également, celle d’Arielle qui a dû renoncer à nous rejoindre au Siné-Saloum : trop de cumul de fatigue en perspective au milieu d’une année professionnelle harassante.

P1030756Au CVD, petit clin d'oeil à Nicolas Bouvier

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 20:26

Nous quittons La Palma le mercredi 3 février après midi sous l’amical salut jaune canari des nantais de ‘Hédone’ et avec une pensée pour nos amis de ‘Castafiore’ bloqués à Grande Canarie pour problèmes techniques. Après une matinée de soleil, les nuages s’accumulent sur l’île et il est  réjouissant  de rejoindre les vastes zones d’éclaircies qui, en mer, se prolongent à l’infini. Le temps est doux et c’est avec satisfaction que nous envoyons le spi, très délaissé depuis notre départ de Cherbourg. Le vent baisse durant la nuit que nous passons malgré tout, par précaution, sous gennaker.

Le lendemain jeudi 4 février, est notre première grande journée de belle mer : soleil, alizés, ciel bleu azur agrémenté de cumulus ; nous sommes heureux d’avoir, au fil des semaines, égrené les milles qui nous mènent dans ces zones de navigation idyllique. Le vendredi est une journée particulièrement performante où nous alignons au portant quelque 210 milles en 24h, route plein sud, direction Dakar.

Nous savons notre destination prochaine plus dépaysante que d’accoutumée et les lectures du bord sont très orientées Sénégal et Afrique.  Il s’agit par ailleurs d’arriver en temps pour que François puisse, à Dakar, remettre les pas dans  les  traces de son enfance avant son retour vers la vie professionnelle programmé par avion le 10 février. 

Le samedi 6 février commence par un énergique nettoyage de pont suivi d’une première «baignade-traînade » à l’arrière du bateau. Le vent est faible et sous un ciel vierge de tout nuage, il est bon de se faire remorquer par un bout dans une eau voisinant la température de la Manche en plein mois de juillet. Petite pensée aquatique pour celles et ceux qui, dans les 49° nord de la France, se remettent d’une dure semaine de travail et ébauchent leurs plans de week-end dans une ambiance hivernale un peu maussade…

Après les côtes marocaines, ce sont les côtes mauritaniennes qui défilent, invisibles, sous le vent. Nous passons les 20° de latitude nord et le célèbre Banc d’Arguin. Dans le courant de l’après-midi, deux baleines nous font l’honneur de leur compagnie à quelques dizaines de mètres du bateau. Leur lente et majestueuse progression rythmée par leur grand souffle profond contraste singulièrement avec l’énergique et inépuisable ballet de la compagnie de dauphins venue longuement se joindre à nous au coucher du soleil.

Malgré les efforts, théoriques et pratiques des experts, les résultats de la pêche sont inexistants à ce jour, ce qui ne porte malgré tout pas atteinte à la qualité gastronomique du bord à laquelle tout un chacun-e contribue avec cœur et compétence. Côté distance, nous ne sauverons le score de notre samedi que grâce au puissant secours de notre Nanni Diesel qui nous permet de maintenir, un peu bruyamment certes, le rythme de 7 nœuds de progression.

Après une paisible et un peu langoureuse nuit de navigation, nous parvenons dans la matinée à la hauteur de Nouakchott dans un 18/18 presque parfait : 18° de latitude nord et 18° de longitude ouest. La journée peu ventée devient progressivement grise. Les animations halieutiques se réduisent aux bans de calamars et la pêche reste infructueuse….

IMG_5672.jpgLundi nous ouvrons la semaine sous un soleil splendide et rapidement le spi se gonfle par  brise de 15 nœuds. Le bonheur est parfait pour cette dernière grande journée de mer et l’après-midi se joue en apothéose avec la pêche d’une splendide dorade coryphène et le passage d’un banc de rorquals : merveilleuse conclusion de ce mois de premiers  pas autour du monde qui, du 8 janvier au 8 février, nous a transportés de Cherbourg à Dakar. L’arrivée à Dakar se fait au coucher du soleil : à la rencontre des magnifiques pirogues colorées qui parsèment la baie. L’océan se fracasse sur la pointe des Almadies. Une fois passées la pointe Manuel et l’île de Gorée nous mouillons vers 22h dans l’anse de Hann… et nous régalons de notre pêche du jour.

Mardi matin, dépaysement garanti…

Les dictons de ces jours de traversée, tous vécus in situ :

«  Coup de tangon, rend le marin bougon »

«  Quand souffle l’harmattan, le rorqual t’attend »

«  Qui pêche la coryphène mérite sa peine »

 

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:40

Après un petit dîner au « Londres », restaurant très « local » où nous dégustons thon et espada,  nous larguons les amarres de Funchal le vendredi 29 janvier pour un départ tout en douceur : nuit étoilée, lune pleine, air chaleureux. Les pêcheurs saluent amicalement Alioth du bout de la jetée d’où ils amorcent avec enthousiasme  le début de leur  week end. Sur le flanc de la montagne,  les lumières de la ville donnent à Funchal  des airs de Val d’Isère sur mer. Le vent se lève rapidement : la descente vers La Palma  -quelque 250 milles nautiques- se fera au près dans une mer bien formée. 

La nuit est un peu inconfortable et la journée du samedi se fait grise. Le vent ne décroche pas de ses 25 nœuds de secteur sud et nous nous faisons décidément  au mode de navigation sous deux ris et ORC. L’après midi nous réserve un de ces petits ennuis techniques dont nous semblons avoir le secret. La girouette électronique, du haut de son mât de 20m, se fait la belle en notifiant très officiellement son absence sur l'écran de la NKE. Impressionnés de tant de civilité, nous nous faisons à l’idée de nous relayer à la barre jusqu’à La Palma mais les vents s’avèrent constants et nous permettent de poursuivre notre route sous pilote sur le mode compas.

Après une seconde nuit également un peu éprouvante, nous sommes heureux le dimanche matin de voir se dresser les hauteurs de La Palma. Nous parvenons à quai vers 13h sous une pluie tropicale dans le paysage peu séduisant d’une marina cernée de bâtiments en béton inachevés.

Mais peu importe le cadre portuaire ; la ville de La Palma, qui fut un des grands et riches ports de la grande Espagne et qui vit actuellement à 80% de la production de la banane, s’avère magnifique et l’île est encore à ce jour agréablement préservée du grand tourisme.

Lors de la première nuit à quai, un très fort coup de vent oblige au renforcement des amarres et au réajustement des défenses. Une des attaches du mât de l’éolienne cédera sous la force des vibrations ce qui implique quelques nouvelles heures de bricolage. Merci à notre ami François qui, venu pour quelque temps de vacances qu’il espérait ensoleillées, passe, avec sourire et humour, quelques bonnes paires d’heures sous une pluie diluvienne à oeuvrer aux réparations du bord.

e - La PalmaL’après midi nous permet une escapade en voiture. Nous espérons nous approcher du spectaculaire cratère d’effondrement du centre de la montagne  volcanique mais les conditions météorologiques exécrables de la veille en rendent l’accès impossible. Les ancestrales forêts de pins sont trop éloignées, la visibilité est médiocre ; nous n’aurons qu’entraperçu le charme et la beauté de l’île.






Pendant tout ce temps, Luc progresse spectaculairement en espagnol et parvient à faire des sudoku entiers dans la langue de Cervantes.
L'erscale nous permet de faire connaissance avec les très sympathiques Sabine et Gilles qui, avec leurs enfants -Ewen13 ans et Maël 8ans-, effectuent sur Hédone un grand tour en Atlantique

Demain mercredi 3 février, nous partons dans l’après midi pour Dakar avec cette fois des vents portants : la rencontre avec les alizés sera un grand moment de bonheur pour nous tous. La distance est de 900 milles, le cap est plein sud et notre temps de route espéré est de cinq à six jours.

A bientôt en terre africaine !P1030538.JPG

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 11:46

De Madère aux Canaries

100_9206.JPG
Nous passons un agréable et reposant séjour à Funchal. Le port de plaisance est de petite taille et ne peut accueillir que quelques bateaux visiteurs mais la basse saison nous offre le privilège d’un amarrage direct au quai.  Sur toute la longueur de ce dernier, les bateaux de passage, à la mode des Açores, laissent un message peint en guise de signature. Nous y avons retrouvé trace de Pilours passé en 2008, d’un Saint-Vaastais prénommé Edouard, d’autres bateaux de VSF...


Nous nous sommes essayés à l’exercice et Christiane, forte d’une année d’apprentissage du dessin aux réputés Ateliers de Sainte Adresse, s’est crue à la hauteur du projet. Le résultat, malgré l’assistance dévouée d’Elisabeth, est assez désastreux et mérite une reconfiguration complète que nous espérons achever sur cette journée de vendredi…

P1030446-copie-1.JPGLa ville de Funchal nous séduit  et la température y est agréablement printanière (i.e. quasi estivale pour des normands).  Les montées en altitude se font beaucoup plus fraîches mais donnent le plaisir de découvrir le côté vertigineux et  verdoyant de cette impressionnante île volcanique. Au gré de nos explorations, nous avons pu affiner la devise du bord.


Notre ami François nous fait le plaisir de nous rejoindre  pour  nous accompagner jusqu’à Dakar et ce vendredi soir nous quitterons Madère par vent de Sud-Est de 15-20 nœuds pour les Canaries. N’ayant malheureusement  que peu de temps  à accorder à ce bel archipel notre dévolu s’est jeté sur La Palma que nous devrions atteindre dans la matinée de dimanche.


                                                                                                                     La devise du bord

P1030432.JPGPetite précision complémentaire : la consultation des statistiques du blog ‘Alioth’ révèle que vous l’avez courtisé de vos visites près de 600 fois en un mois. Nous sommes ravis de l’intérêt que vous portez à notre petit messager électronique et heureux du lien  qu’il nous permet de maintenir avec vous toutes et tous. Nous vous remercions avec ces quelques fleurs des commentaires portés ou des messages envoyés que nous lisons toujours avec beaucoup de bonheur !

 

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