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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 22:45

P1050377S’il est bon d’oublier rapidement les temps fastidieux du carénage et de ses travaux contingents, il serait regrettable de passer sous silence l’intense satisfaction éprouvée à  la reprise en mains d’un bateau propre et résolument au point. Qu’Anne-Sophie et Pierre-André, nos vaillants équipiers de la Refeno,  en soient informés : la « to do list » dont ils avaient affectueusement dressé l’inventaire est close et c’est avec le sentiment du devoir accompli que nous partons pour de nouvelles navigations…

 

Une petite journée culturelle bahianaise entre Musée Rodin -et oui !- et Musée Carlos CostaP1050391 Pinto s’offre en conclusion de cette semaine laborieuse ; le premier fut ouvert en 2002 dans le séduisant palais du Commandeur Bernado Martins Catharino qui n’est pas sans rappeler, par ses proportions,  l’Hôtel Biron, abri plus connu des œuvres de notre Auguste sculpteur ; le second, en présentant les très belles demeure et collection privée de meubles, peintures, argenterie, bijoux…  du couple Costa Pinto, atteste de la vie aisée menée par les colonisateurs au cours des siècles passés. 

 

Samedi 16 octobre, nous quittons Bahia pour une semaine d’exploration de la très vaste Baie de Tous les Saints.  Nous partons par un temps délicieux sous grand voile, solent et ligne de pêche en direction de l’île de Frade et le soir trois magnifiques poissons  régaleront notre dîner. Au fond de la Baie, plusieurs mondes se font face à quelques centaines de mètres de distance : l’énorme complexe pétrolier de Petrobras[1], les petites îles pauvres et traditionnelles de Frade,  Maria Guarda ou Bom Jesus, les îles privées des riches brésiliens organisées en complexe de luxe.

Les baignades alternent avec  les expéditions terrestres , notamment à Bom Jesus et Bimbarras, qui nous introduisent dans des villages très dépouillés ou nous noient dans des végétations débordantes de verdure.  Par pudeur, passons sous silence l’infinie saveur des plages désertes bordées de palmiers et cocotiers…

Notre périple se poursuit vers le Rio Paraguaçu qui nous ouvre  un autre monde.  Nous y retrouvons la sérénité du cabotage fluvial vécue au cours du printemps dernier dans les méandres du Siné Saloum : la largeur du fleuve, la mangrove, le silence et l’immobilité ; la seule présence d’étroites pirogues pilotées par des pêcheurs solitaires, habiles maîtres d’une pagaie ici exclusivement activée à « bombordo », la réalité de villages d’une autre époque,  le sentiment de notre présence incongrue dans ces contrées si reculées…  renforcent ce sentiment de similitude. Mais si les paysages du Paraguaçu sont plus variés et la végétation plus riche que dans le Siné Saloum, le long du fleuve, l’église défraîchie pleure ses splendeurs passées quand la mosquée sénégalaise affichait avec  vigueur la bonne tenue de ses positions.

P1050531Pas un seul navire de plaisance croisé durant ces journées et c’est dans une appréciable solitude que nous mouillons devant le monastère de San Antonio à San Francisco de Iguape ou au pied de l’église de Santiago de Iguape. L’importance et la décadence des édifices religieux, dérisoires ancrages  d’une histoire dépassée, donnent un cadre fantastique aux rivages du fleuve et aux petits villages qui se blottissent derrière clochers et  murailles abandonnés.  Par chance, le sympathique jardinier du monastère de San Antonio nous ouvre les portes de la gigantesque demeure dont l’entretien semble lui tenir lieu de sacerdoce et  c’est avec force patience et humour qu’il nous compte l’histoire de ce noviciat franciscain chargé de la formation de quelque 140 moinillons : abbatiale et sacristie, cloître et aqueduc, cuisine et réfectoire, bibliothèque et salle de lecture, dortoirs, mais aussi prison et redoutable ‘piscine’… où il se dit que les plus récalcitrants étaient noyés lestés d’une pesante pierre au pied…  Construit entre 1660 et 1686, le monastère resta actif jusqu’en 1915.

Tout comme l’abbaye de la Lucerne découverte cet été en sud Cotentin en fort bonne compagnie cycliste, San Antonio mériterait de rencontrer son abbé Leliégard aux fins d’une restauration à la hauteur de son prestige passé. Ici aussi, tout nécessite réhabilitation et, malgré une judicieuse élection au rang de patrimoine national, les moyens mis à disposition du monastère s’avèrent largement en deçà des exigences et de l’urgence du chantier. 

La visite des villages nous confirme la seconde raison de l’érosion de ces nobles bâtiments : les nombreuses petites maisons reconverties en églises évangélistes et pentecôtistes offrent aux habitants une religion accessible, fondée sur la conception d’une vie saine et solidaire. En termes stratégiques, elles ont trouvé un créneau propice à une croissance rapide et laminent en parts de marché la grande religion traditionnelle du pays.

P1050583La redescente du Paraguaçu nous mène à Maragogipe, petite cité commerciale fort active, essentielle à un arrière pays extrêmement rural. De là, le bus nous conduira aux villes jumelles de Cocheira et Sao Felix reliées par le pont Pedro II, deux villes que nous ne pouvons atteindre à bord d’ Alioth faute de profondeurs suffisantes. Riches d’un passé colonial construit sur la fertilité du Recôncavo[2], les deux villes ont développé leur fortune sur un solide triptyque : tabac, canne à sucre et esclavage. Le long des quais de Sâo Felix, une intéressante visite de la fabrique de cigares Dannemann nous familiarise avec les techniques traditionnelles de fabrication des « charutos » du Recôncavo qui furent, paraît-il, très longtemps considérés comme les meilleurs cigares au monde.

A Maragogipe, le marché du samedi matin est un savoureux moment d’exploration. Les paysans y viennent à cheval, en âne voire à dos de bœuf ou par voie fluviale. De jeunes garçons transportent les courses en brouette et font usage de caddy dans cette ville transformée en immense supermarché. La pauvreté est grande mais la gentillesse des habitants est omniprésente. La marchande de glaces et de bonbons de la place fait café Internet et le marché aux poissons nous donne accès à de savoureuses crevettes.

Nous terminons notre tour de baie par une dernière escale à Salvador dimanche et lundi en vue de quelques indispensables approvisionnements en gas-oil, eau, courses diverses. A l’occasion d’une opération de bricolage dans un coffre arrière, Luc se fait violemment coincer un doigt et… un pied… et se trouve handicapé pour quelques jours. Dans un touchant élan de compassion, frère et sœur s’en sont allés le jour même à Sao Bonfim, la grande basilique du Bon Secours au plafond de laquelle se trouve suspendue une foultitude de jambes, bras, têtes en plastique offerts destinée à supplier  d’improbables guérisons.

Après avoir passé une délicieuse soirée avec nos amis et voisins de ponton, Silvana et Manfred, mercredi  matin, nous saluerons amicalement la Baie de tous les Saints pour commencer notre tranquille descente vers Rio de Janiero que nous atteindrons en principe à la mi-novembre après plusieurs haltes séduisantes : Morro de Sao Paulo, Camamu, Ithacaré, Buzios notamment.

Du côté de la patrie… nous ne sommes pas sans écho des difficultés de nos compatriotes dans une France agitée de ses maux traditionnels. Les ex-havrais de l’équipage apprennent avec étonnement la démission d’Antoine Rufenacht mais, sans surprise, le choix de son successeur en la personne d’Edouard Philippe. Enfin, la nouvelle de la reprise du chantier de plaisance Alliage, déstabilisé  à l’occasion de la crise, par le chantier Alubat est une information réconfortante qui permet d’envisager la pérennisation d’un savoir-faire et d’une équipe auxquels le Team Alioth est particulièrement attaché.

P1050692Ici dimanche prochain, a lieu le second tour des élections. Le Parti des Travailleurs, Dilma Roussef en tête, attend une très probable victoire.

 

 

 

 

 

 

PS: Pour voir les photos correspondant à cet article aller sur l’album AS-2- Baie de Bahia et Paraguaçu



[1] Petrobras, la compagnie pétrolière brésilienne, 10ème société mondiale par sa capitalisation boursière, vient de lancer une très importante augmentation de capital pour faire face à ses investissements. En effet, alors que le pays a développé jusqu’alors une politique favorisant la consommation d’éthanol produit nationalement et respectueux de l’environnement, des découvertes récentes de très importantes ressources pétrolières au large de Rio de Janeiro devraient faire du Brésil en 2030, l’un des tout premiers pays producteurs de pétrole au même rang que le Koweit. Reste à résoudre le défi technique que constitue l’accès à des gisements situés à 7000m de profondeur sous 2000m de sel. (Source – Le Monde hors série ‘Brésil, Un géant s’impose’)

[2] Le Recôncavo est la région fertile qui entoure la Baie de Tous les Saints et qui doit son nom à la forme de cette dernière. C’est là qu’eurent lieu les premières rencontres entre populations portugaise, indienne et africaine où  se développèrent très rapidement de grandes haciendas de canne à sucre et de tabac. Elle s’oppose au Sertao, région de l’intérieur du Nordeste, qui, très affecté par de grandes sècheresses, n’est guère propice qu’à l’élevage du bétail.

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 14:05

 Partis de Fernando de Norhona le jeudi 4 octobre à 10h, notre arrivée sur Recife s’opère le samedi 6 à 8h du matin. Quelques moments sur Internet, un plongeon dans la piscine, des formalités de police, un réapprovisionnement chez «Extra » -à prononcer «Ichtra »- un cordial déjeuner très local et les deux trios se séparent avec regret : Arielle, Anne-Sophie et Pierre André vont visiter la belle Olinda avant de prendre les airs et de  poursuivre leur découverte de la capitale bahianaise de leur très sympathique hôtel « Café Bahia » - à recommander chaleureusement à qui veut séjourner dans cette jolie ville- tandis que le team Alioth reprend la mer pour mener le bateau à Salvador.

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                                                Anne-Sophie dans la piscine de la marina

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                                                      L'hôtel "Café-Bahia" à Salvador

A bord d’Alioth,  un départ et une troisième nuit un peu agités encadreront des journées de navigation délicieuses telles qu’on les aime sous les Tropiques. Les Brothers se dépassent tout particulièrement lors de la journée de lundi puisqu’à la sortie de four de la toute nouvelle édition du très apprécié gâteau au chocolat de Dominique se joue la sortie de l’eau d’une somptueuse daurade coryphène habilement pourchassée par Luc.  La bête d’une bonne dizaine de kilos est bien décidée à retourner dans son milieu naturel et c’est à un véritable  corps à corps auquel nous assistons sur la plage arrière : tel un rugbyman averti, Luc réussit un magnifique placage qui, faute d’épargner son tee-shirt, nous évite la perte d’une si belle et rare prise.  Dîner de gala dans le cockpit avec l’immense regret de n’être plus que trois à profiter de ce savoureux moment…

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                                                            "La" daurade coryphène

Voici Alioth revenu au Terminal Nautico de Salvador le mardi matin où nous retrouvons Arielle pour un réconfortant petit déjeuner au Bahia Café. Après les plaisirs de la course nous attendent les contraintes des travaux et de l’entretien. Les Brothers réparent le pilote automatique, rebranchent la girouette électronique, résolvent  les fuites d’eau… entre autres. Du côté de notre interlocuteur Marcello, les avancées sont moins spectaculaires : la sortie de l’eau prévue le mardi 5 octobre est repoussée de jour en jour, voire de demi-journée en demi-journée pour être finalement, et en principe, effective le 11 octobre. Le « sûr demain peut-être »  sénégalais semble lui aussi avoir traversé l’Atlantique… Las d’attendre une hypothétique sortie annoncée pour le vendredi après-midi, nous décidons de profiter de notre dernier week-end  avec Arielle qui reprend l’avion dimanche 10 octobre au soir, pour faire une petite virée dans la très grande baie de Tous les Saints.

Charme d’une première halte à l’île d’Itaparica où s’impose par ailleurs un petit salut à Christina et José Zaccharias qui avaient, en 2003,  merveilleusement accueillis  à leur domicile la délégation de la Transat Jacques Vabre.  Puis mouillage aux abords de l’ile de Matarandiba, où les plaisirs des baignades se conjuguent à l’agrément des douches dans les cascades.

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                                                             Plage à Matarandiba

Si quelques riches vedettes font la traversée depuis Salvador et si les jet-skis, frères jumeaux  de leurs homologues havrais, s’agglutinent bruyamment le samedi matin,  les voiliers sont nombreux à sillonner la baie et la régate du week-end fait agréablement partie des traditions nautiques brésiliennes. Quant aux bateaux à passagers ils sont légion à assurer le trafic entre Bahia et les îles et la cohue de leur retour, à quelques encablures de notre ponton, nous assure à bord d’Alioth une soirée dominicale passablement bruyante et chahutée.

Elisabeth nous rejoint à bord le dimanche soir et dès le lundi matin nous rejoignons la Bahia Marina, la seule dans le secteur à disposer des équipements nécessaires à la sortie de l’eau de notre « barco ».  La manœuvre se fait sans trop de difficulté et les travaux de nettoyage sont entrepris dès le bateau mis à terre. L’examen de la coque ne révèle pas de mauvaise surprise mais l’anode totalement dévastée de l'hélice nous indique qu’il y avait urgence à s'intéresser aux dessous de notre cher Alioth. 

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                                                                     Mise à sec

Alors que nous nous apprêtons à mettre la main à la tâche pour aider son équipe, Marcello nous invite à déjeuner et c’est à une somptueuse et inattendue réception à caractère familial à laquelle nous nous trouvons conviés par Marcello et son épouse Fernanda d’une part mais aussi par Maria Adair, la mère de Marcelo, Murilo Brocchini, son frère et Mohena Brocchini, sa sœur qui vivent tous trois dans une superbe maison de Bahia. Maria - qui exposait à Rueil-Malmaison en septembre dernier- est artiste et la décoration de sa maison est exceptionnelle : des tableaux qui ornent les murs aux meubles peints, des objets de décoration à la vaisselle en passant par les  vitres gravées par sablage, tout est signé Maria Adair dans ce merveilleux domicile dont le niveau inférieur fait office d’atelier. Géométrie et couleur marquent avec bonheur son expression artistique et en écho à ce lieu enchanteur, Murilo, chef de premier ordre, nous offre,  un déjeuner d’un niveau gastronomique éblouissant.

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                                                                                   Déjeuner chez Maria Adair

Pendant ce temps la campagne électorale bat son plein pour le deuxième tour des présidentielles qui aura lieu le 31 octobre. Si la candidate du Parti des Travailleurs, Dilma Rousseff reste la favorite, la représentante des Verts, Marina Silva a fait un score inattendu et du jeu des alliances dépendra  le  succès final : dans un pays où trente partis politiques s’arrachent les voix des citoyennes et citoyens, la lisibilité est faible pour les piètres lusophones que nous sommes.

Dès nos travaux finis, nous envisageons de poursuivre notre petit tour de la Baie, notamment du côté du Rio Paraguaçu, avant de débuter notre descente vers le sud.

Photos : les photos correspondants à cet article figurent dans l'album "AS 1 - Refeno"

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 13:14

 

33h 22’, c’est le temps qu’il nous faudra pour joindre la ligne de départ à la ligne d’arrivée de la course Recife-Fernando de Noronha.

La  Marine Nationale chargée de l’inspection de sécurité joue la guerre du zèle jusqu’au dernier moment en soumettant notre autorisation de départ  à la présence à bord d’une « buzina gas » -soit un système d’alarme sonore à gaz- trouvée  tardivement le vendredi soir… au fin fond d’une boutique de carnaval d’un quartier de commerces de bazar.  Seul un dernier  contrôle effectué le samedi 25 à 10h nous donne le précieux Sésame. La coque bardée des auto-collants des  élégants sponsors de la course -Heineken et Petrobras-, les instructions de course approximativement décryptées,  les derniers préparatifs et travaux bouclés, nous sommes en mesure de nous présenter décemment sur la ligne.

Nous progressons peu à peu en langue portugaise : ‘bombordo’ et ‘boreste’ n’ont à ce titre plus de secret pour nous, de même que les inévitables ‘linha de partida’ ou ‘linha de chegada’ qui encadrent notre parcours. Pour la petite histoire, ‘bombordo’, le bâbord Portugais, s’entend de la bonne amure ou du ‘bon bord’ des Portugais portés par les alizés.

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Le départ s’effectue entre la longue digue extérieure de Recife et le quai de la ville portuaire. Devant une grande tribune où les bateaux sont présentés au public, il est cadencé en cinq séquences de 20mn correspondant aux cinq groupes  de bateaux.  Alioth, membre du troisième groupe, prend, sous la houlette du ‘Comandante Dominique’, son départ à 15h40 en compagnie d’une bonne vingtaine de concurrents. En fait de régate, l’ambiance est plutôt au rallye et la trajectoire d’environ  300milles est directe entre la bouée nord de Recife et la ligne d’arrivée fixée au nord de l’archipel de Fernando de Noronha. Sans système de temps compensé, notre série ‘ouverte’ donnera d’évidence l’avantage au bateau le plus puissant.  

Les conditions météo sont bonnes. Vent d’est/ sud-est de 20 à 25 nœuds. Alioth, sous grand voile haute et solent, file  entre travers et bon plein, à une allure soutenue. Malgré l’absence de girouette électronique, de ballasts et de pilote électronique, Alioth atteint sa plus belle performance, soit une distance de 212 milles en 24h. Quant au record de vitesse de notre course, soit 10, 72 nœuds, nous le devons au fin coup de barre de Pierre-André.

A bord, si la position allongée a encore ses adeptes, les maux de mer s’estompent, signe que l’équipage s’amarine.

Nous arrivons à 01h02 le lundi matin et trouvons aisément une place dans un mouillage encore peu fréquenté. Nous saurons le lendemain qu’Alioth se positionne en 9ème place du classement général  et en 2ème de son groupe, derrière ‘Sea Dragon’, un impressionnant bateau de 22m qui, au sein d’un équipage très internationalement chaleureux, héberge Sarah (rouennaise) et son mari François-Xavier (caennais) que nous devrions avoir le plaisir de retrouver dans quelques semaines à Rio. Avantage collatéral, la régate nous a permis  de nouer également de très sympathiques  échanges et contacts avec l’équipage argentin d’’Amigo’, et avec Philippe, le très serviable Brésilien de ‘Kalymeira’, avec lesquels nous nous sommes promis une rencontre lors de notre descente vers le sud.

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Nous passons trois journées très ensoleillées, sur la seule île habitée de l’archipel qui compte un total de 21 îles ou îlots : plages et baignades paradisiaques, promenades pédestres et exploration du charmant petit village de Remedios. L’archipel, sommet d’une montagne siégeant à 4000m de profondeur, est un haut lieu de reproduction des tortues, des dauphins et des cétacées et la vie y est à ce titre très réglementée. A plusieurs reprises, tortues placides et dauphins voltigeurs nous feront, au mouillage, le plaisir de leur visite animée. Les baignades dans les rouleaux de l’Atlantique ou la découverte des fonds sous-marins en masque et tuba nous vaudront également d’intenses et mémorables moments. Poursuivi par deux raies, sans doute irrésistiblement fascinées par les alléchantes étoiles  de mer de son splendide maillot de bain, Pierre-André s’offrira une petite séquence émotion en clôture de son séjour sur l’île.

 

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Du côté de la grande histoire, l’archipel, découvert en 1492 par les Espagnols,  revint au Portugal dufait des dispositions du traité de Tordesillas (1494) et en 1504 le roi Dom Manoel l’offrit à son ami Fernando de Noronha qui, négligence de nanti, porta si peu d’intérêt à ce joyau maritime qu’il finit par en oublier jusqu’à l’existence. Revenu ultérieurement dans le giron du Brésil, l’archipel fut, en 1989, rattaché à l’état de Pernambouc. Au cours de son histoire, il fut fortement défendu ce dont attestent plusieurs vestiges situés aux points stratégiques de l’île. En 1932, il se fit centre de détention pour les prisonniers, essentiellement politiques, avant de servir de base aux Américains lors de la seconde guerre mondiale.  De manière plus anecdotique, il fut utilisé à partir de 1927, par la Compagnie Générale Aéropostale qui en fit une base d’assistance aux avions chargés des lignes France-Brésil. La base est devenue ‘Espace Culturel Air France’ et plusieurs artistes s’y expriment en travaillant différents matériaux de récupération, notamment l’aluminium.   On ose espérer que  les cadavres des 6000 cannettes de bière de la remise des prix ont fait l’objet à son profit d’une  dotation exceptionnelle. 

Nos co-équipiers,  Anne-Sophie et Pierre-André, dans la joie et la bonne humeur, manifestent une résistance à toute épreuve aux nombreuses petites galères du bord. Pour n’en citer que quelques unes : le mal de mer, un moteur qui fait des siennes, une cuisinière en grève perlée de quatre jours ou des questions logistiques un peu complexes de retour ‘at home’. Si jamais ils vous disaient avoir passé des vacances d’enfer, ne prenez pas d’emblée l’appréciation à son second degré…

En conclusion de notre séjour à Fernando, la longue et festive cérémonie de remise des prix se déroule en plein air sur le site du port ce mercredi 29 septembre à 18h. Outre sa place de 2ème, Alioth se voit gratifié du prix du bateau venu du plus loin… Voici un effort justement récompensé…

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Nous quittons l’île jeudi dans la matinée pour deux journées de navigation de rêve, au portant et sous gennaker. Anne-Sophie a retrouvé toute sa vitalité à la barre et à la cuisine, en service de quart ou en mode lecture. Le retour, après mille milles parcourus, s'est effectué ce samedi 2 octobre en fin de nuit au port de Recife d’où Arielle, Anne-Sophie et Pierre-André prendront un vol pour Salvador dans la soirée tandis que le team reprendra la route le jour même par la mer pour rejoindre Bahia dans la journée de lundi.

Pendant ce temps, le Brésil vit des moments intenses de campagne électorale et le dimanche 3 octobre décidera, notamment, du sort des candidats au premier tour des présidentielles…

PS : pour voir les photos (pas obligatoirement dans l'ordre des prises de vue...) voir l'album : AS 1 - Refeno

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 20:26

Quelques nouvelles rapides à l’occasion de notre escale à Recife pour relater notre tentative de participation à la XXIIe Refeno, régate de Recife à Fernando de Noronha.

Arrivée de l’équipage – Anne-Sophie et Pierre-André, Arielle et Dominique, Christiane et Luc- le  dimanche 19 septembre en fin d’après-midi à Salvador de Bahia, conclue par un vertigineux approvisionnement au Duty Free de 72  bouteilles  de whisky destiné au mariage de la nièce de Marcello, notre indescriptible interlocuteur bahianais. Une chaleureuse poignée de main attribuée en sortie de caisse en dit long sur l’estime que le gérant du lieu a su porter à notre intéressant sextuor.

Heureuses retrouvailles avec Alioth qui ne prêtent pas à de longues effusions car les courses au supermarché s’invitent à  meubler la soirée. Marché de Sao Joaquim le lundi matin, remise en route du bateau et travaux d’entretien, formalités administratives, déjeuner « au kilo » et petite visite rapide au Pelhourino, et nous nous déclarons prêts pour un départ le mardi matin à l’aube.

Mardi matin, au lever du jour, sous un beau soleil, la pantille bâbord prise dans le propulseur d’étrave interdit  notre départ du ponton et seule une courageuse plongée de Luc dans les eaux douteuses de la marina parvient à nous libérer ;  rapide passage à la station de carburant et notre  remontée vers Recife peut débuter. Après une sortie de la baie vers le sud, nous remontons au cap 60° environ avec un vent d’est -  sud-est qui nous amène au bon plein sous un vent  de 15 à 20 nœuds et une mer un peu agitée.

Dans ces conditions, le mal de mer sévit rapidement à bord atteignant une bonne moitié de l’équipage.  Anne-Sophie le joue avec humour et élégance dans  sa  mini-jupe blanche :  nous dirions volontiers « chapeau ! » si celui-ci ne s’était pas dramatiquement envolé à l’eau… Pierre-André l’assume de front avec détermination. Quant à Arielle nous n’oserons pas plaisanter à son sujet tant sa longue et silencieuse immobilisation traduit l’intensité du mal qui l’a frappée. On n’oubliera pas, selon la réduction percutante qu’en fait Björn Larsson dans son excellent 'Cercle Celtique' que : le problème avec le mal de mer, c’est tout d’abord d’avoir peur d’en mourir, pour ensuite craindre... de ne pas en mourir.

Tel un enfant boudeur qui refuse de saluer ses parents à leur retour de vacances, Alioth  nous impose une série de caprices : nouvelle fuite des ballastes générant de sympathiques récupérations d’eau dans les fonds, panne de pilote exigeant un relais permanent à la barre, puis à l’arrivée à Recife mise en échec du  générateur interdisant toute remontée de la quille… Tous problèmes insolubles dans le peu de temps dont nous disposons. Quant au temps il se la joue un peu « pot au noir » et notre première nuit en mer alterne de  manière cyclique vent sous grains, refusantes, et calmes plats.

La seconde nuit s’avère plus sereine et c’est sous un brillant soleil et sur une mer magnifique, salués par un festival d’oiseaux, de baleines et de dauphins que nous faisons notre entrée à Recife, jeudi en début d’après-midi, heureux d’apporter une fin au calvaire maritime d’Arielle.

Notre arrivée se fait un peu tardivement par rapport au règlement de la course et, piégés par nos problèmes de relèvement de quille, la Marine Nationale en charge des inspections de sécurité refuse dans un premier temps de s’occuper de notre voilier. A cette heure, vendredi 16h, le problème reste en cours mais en voie de résolution malgré tout : nous espérons ne pas avoir fait toute cette route pour nous voir refuser l’accès à la course…

Beaucoup de réflexion entre nous pour savoir quelle organisation mettre en œuvre pour éviter d’infliger à Arielle l’aller-retour par mer sur Fernando de Noronha. Mais les vols en avion sur l’île étant sur-bookés, Arielle se résout courageusement à poursuivre avec nous. Au retour, Anne-Sophie et Pierre- André, afin de reprendre leur avion pour Paris le lundi, et Arielle pour ne pas faire trop de route par voie de mer reprendront un avion Recife-Salvador alors que Dominique, Luc et Christiane redescendront le bateau sur Salvador. Quant à Marcello, notre équipier brésilien, il s’est désisté au dernier moment et notre équipage restera donc 100% français.

Nos rencontres avec brésiliens et argentins sont très chaleureuses, utiles et sympathiques. Nous devons notamment beaucoup à un certain Philippe, excellent francophone, qui nous a apporté son aide de traducteur à différents moments délicats. Car si la régate se veut internationale, l’anglais est quasiment inexistant et mieux vaut pour la pratiquer, posséder le brésilien.

En bref, depuis notre arrivée, tout est un peu compliqué et nous nous inquiétons du mode de « vacances » que nous imposons à Anne-Sophie et Pierre-André. La suite nous dira s’ils sauront nous pardonner… et si nous atteindrons un jour l’archipel mythique de Fernando de Noronha…

 

N.B. Le suivi de la course doit pouvoir se faire sur le site de la course Refeno cité dans le précédent article. Alioth porte le n°72 dans la catégorie « Jaune ».

Pour les photos, il faudra attendre notre retour sur Bahia car nous n’aurons pas le temps de la mise en ligne d’ici là.

 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 18:48

 

La date du grand retour outre-atlantique approche et rien n’est à laisser au hasard au cours de ces quelques  jours : dernière visite au chantier, derniers passages chez le ship-chandler,  derniers au-revoir, derniers soins dentaires et médicaux, approvisionnements en tout genre -des guides nautiques à la littérature sud-américaine, des appâts et hameçons prometteurs aux pièces de rechange-, multiples détails enfin que requiert un départ serein.

La température affiche à Bahia ses 25°C ce qui promet  un passage en douceur dans ce nouvel été qui s’annonce. Nous partirons crânement, à six, ce dimanche 19 septembre puisqu’Arielle se joint à nous  pour deux mois de navigation et qu’Anne-Sophie et Pierre-André ont réussi à se départir de leurs obligations professionnelles pour nous accompagner durant 15 jours.  Savoureux équipage en perspective !

L’arrivée à Salvador de Bahia se fera dimanche en fin d’après-midi.  S’ensuivra une très intense journée  de lundi  au programme forcené : réparations -dont réinstallation câblée de la fugitive girouette-, remise en route post hivernage du bateau, formalités administratives et douanières, virées au marché et au super-marché. Le but est de quitter Bahia lundi soir,  accompagnés de Marcello notre précieux contact et équipier bahianais pour faire route vers Recife, capitale du bel  état de Pernambouc,  d’où nous prendrons, le samedi suivant, le départ de la très internationale course Recife-Fernando de Noronha. Nous portons d’ores et déjà le matricule 127 des 150 bateaux inscrits et nous nous fixons l’ambitieux objectif d'arriver premier français…  Si vous souhaitez suivre la course ou simplement rêver un peu, nous vous invitons à vous connecter au site de la régate : http://www.refeno.com.br.

Nous tenterons de vous envoyer quelques nouvelles à notre arrivée à Recife avant notre départ pour le merveilleux archipel de Fernando de Noronha où nous nous prélasserons quelques jours après la dure mise à l’épreuve de cette Sydney-Hobart brésilienne.

En pleine période de vote du projet de loi sur les retraites, nous rappelons que nous organisons à bord d’Alioth,  au profit de celles et ceux qui se préoccupent de cet important sujet, des stages d’immersion et de préparation. Malgré leur jeune âge, Anne-Sophie et Pierre-André ont franchi  le pas et c’est avec une très grande ouverture d’esprit  qu’ils ont décidé de rejoindre le bord auprès d’experts reconnus, à même de leur prodiguer une formation de qualité.

NB. Celles et ceux qui souhaitent s’abonner aux articles du team Alioth peuvent le faire à la rubrique « newsletter » qui se situe dans un des encadrés de la colonne de droite de la page d’accueil du site. Il suffit d’indiquer son adresse mail et de confirmer, puis de procéder à une validation sur le mail de réception qui s’en suit. Le tour est joué : un mail avertit alors de chaque nouvelle publication d’article.

 

Le Pernambouc, terre d'origine du fameux Pau Brasil, Bois du Brésil, est un bois au cœur rouge dont les qualités conjuguées de résistance, de  densité et d’élasticité en font un bois très prisé pour la fabrication des archets de violon. Dès sa découverte en 1500, il devint un produit très apprécié des teinturiers. Quant à l'Etat de Pernambouc, il doit son nom à un terme brésilien signifiant "espace entre les récifs", la côte du Pernambouc étant particulièrement marquée par ces derniers, d'où le nom de sa capitale.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 21:13

 Dans quelque trois semaines -le 19 septembre très exactement- le Team Alioth s’envolera pour Salvador de Bahia en vue de la nouvelle saison nautique 2010-2011. L’été, tristement marqué par le grand départ d’Edouard, notre très affectionné pater familias, fut intense en chaleureux moments familiaux et amicaux vécus sur nos nouvelles bases barfleuraises mais il est grand temps pour nous de préciser les  lignes essentielles de la saison à venir et c’est la mission que nous assignons à cet article de rentrée qui, au-delà de la simple information, vaut aussi invitation au voyage. 

La période de navigation, de fin septembre 2010 à fin mars 2011, conduira Alioth de Salvador à Buenos Aires, en exploration des côtes brésiliennes, uruguayennes et argentines. Elle est découpée en huit phases dont certaines sont pré-réservées et d’autres d’ores et déjà ouvertes aux amateurs de pérégrinations sud américaines.

Phase

Calendrier

Programme

1

19/09/10 au 04/10/10

Navigation Salvador- Recife et régate Recife- Fernando de Noronha

2

04/10/10 au 18/10/10

Carénage (4j) suivi d’une période de navigation dans la baie de Salvador de Bahia

3

19/10/10 au 19/11/10

Salvador de Bahia – Rio de Janeiro

4

20/11/10 au 20/12/10

Exploration terrestre (Pantanal) et petites navigations au sud de Rio

5

20/12/10 au 05/01/11

Navigation au Sud de Rio

6

6/01/11 au 12/02/11

Descente vers Buenos Aires

7

12/02/11 au 28/02/11

Pérégrinations autour de Buenos Aires

8

28/02/11 au 31/03/11

Navigation et exploration Argentine et

Uruguay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous ferons tout notre possible, tout au long de la saison et dans la limite des possibilités de connexion, pour poursuivre la publication de notre petit  bulletin maritime en ligne.

Comme nombre d’entre vous le savent déjà, il est par ailleurs possible de suivre la trace d’Alioth sur STW :

-          Se connecter sur le site de ‘Sail The World’ ou ‘STW’

-          Cliquer sur : ‘suivre les bateaux équipés’/’Asset Map’

-          Ouvrir le menu déroulant  ‘Select one’ et sélectionner Alioth

-          Zoomer  en cadrant un rectangle sur Alioth grâce au clic gauche de la souris.

A très bientôt sur team-alioth.fr en souhaitant une très bonne rentrée à toutes celles et tous ceux qui reprennent courageusement le collier !

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 03:42

Conclusion de cette première saison nautique et transatlantique, le séjour à Salvador de Bahia se résume à une chaude et intense période préparatoire à l’hivernage du bateau comprenant, entre autres, délicates explorations en tête de mât à des fins de réinstallation de girouette électronique, longue et difficile réparation de la pompe de ballaste, mise en arrêt technique du dessalinisateur, révision du moteur, mise à sec des différents réservoirs, nettoyages intensifs et entretiens de tous ordres… 

Après examen des différents possibles, le choix de la marina d’hivernage se porte sur le Terminal Nautico pour son agréable positionnement en centre ville mais aussi pour la présence de Marcello, qui, réputé pour la qualité de ses services, veillera au bateau, en assurera le carénage, l’entretien et la surveillance générale durant notre absence. 

Les formalités de police et de douane, assez pointilleuses l’une et l’autre lorsqu’un bateau séjourne en longue durée, exigent un temps administratif non négligeable mais hautement nécessaire :  au moindre faux pas, les taxes exigées sont exorbitantes -jusqu’à 105% de la valeur du bateau- et il est recommandé de gérer son dossier avec attention.

Le passage aux différents cash points de l’avenue des Etats Unis relève rapidement de l’exercice quotidien en vue de résoudre une délicate équation puisqu'aux prélèvements brésiliens plafonnés à de très petits montants, font face des exigences de règlements en espèces de la part de tous les prestataires, dont la marina.

 Bien sûr la caipirinha n’a pas été exclue du programme, ni quelques visites touristiques dans le vieux quartier restauré du Pelhourino. Le Pelhourino est un lieu fort de Bahia puisque c’est ici, dans cette grande maison/halle, qu'il était procédé à la vente des esclaves : de l’île de Gorée au Pelhourino en passant par les îles du Cap Vert , la mémoire du trafic négrier aura, de son fil d’Ariane, marqué notre parcours transatlantique.

A22- Fondation Jorge Amado et Musée de la Ville

 A gauche le musée des Orixas, à droite le Pelhourino devenu Fondation Jorge Amado.

 Le Pelhourino a été magnifiquement reconverti dans le cadre d’une fondation consacrée à Jorge Amado dont les savoureux romans ont souvent pour toile de fonds la ville natale et fétiche de l’auteur, Salvador de Bahia. La maison mitoyenne du Pelhourino abrite un autre petit musée dédié, lui, aux Orixas (prononcer ‘Orichas’), déesses et dieux du panthéon Candomblé, lui-même véritable syncrétisme de cultes africains, de rites indigènes et de religion des conquistadors.  Iemanda, la déesse de la mer, aura bien sûr toute notre vénération…  Sur ce même sujet, le musée afro-brésilien apporte d’autres pièces intéressantes à la difficile compréhension des cultes et de la culture Candomblé.

Représentation de quelques Orixas

Le midi, nous utilisons les services des « restaurants au kilo » qui accueillent les travailleurs bahianais à l’heure du déjeuner et qui pullulent dans le quartier d’affaires qui nous entoure. Excellent rapport qualité/prix pour ces self services dans lesquels la pesée de l’assiette vaut  tarification directe de cette dernière. Pour les fruits et légumes, la visite du marché de Sao Joaquim s’impose. La désorganisation y est totale, la boue abondante les jours de pluie mais le spectacle vaut le déplacement et les fruits brésiliens sont un délice absolu : à déguster nature ou pressés, on ne se lasse pas des ananas, mangues, fruits de la passion, kakis… 

Après la visite de la très riche église de San Francisco, un détour par le glacier Laporte qui lui fait face est incontournable. Il est même envisageable  de retourner chez le glacier sans passer par l’église…  Dans la rue on ne peut défaillir pour cause d’inanition ; des échoppes ambulantes se dressent tous les trois pas : au milieu des rémouleurs, des  preneurs de tension artérielle, des distributeurs de pacotilles en tous genres… se vendent  moult  empadas et  beignets salés, se fabriquent les jus de canne à sucre, se tronçonnent les noix de coco vertes que l’on boit à la paille …. sans oublier les vendeurs de café  qui roulent de très typiques petits  chariots à thermos en agitant en oriflamme leur chapelet de gobelets.

Le mardi soir, au Pelhourino,  le spectacle est dans la rue. Les orchestres de percussion impressionnent par leurs rythmes, leur habileté et leur niveau sonore. A chacun de suivre en mode danse afro-brésilienne s’il le souhaite  mais les sages membres du team Alioth se sont pour l’heure contentés de la position de spectateur.

Et puis notre séjour à Bahia a été le fruit d’une riche rencontre : celle de Manfred, cet autrichien qui à 18 ans n’avait encore jamais vu la mer et qui, quelque 50 ans plus tard, sur son joli et solide « Maus » sillonne l’Atlantique sud en solitaire avec une prédilection pour la Géorgie du Sud dont il nous offrira un magnifique film souvenir de sa navigation. Manfred est un homme de grande expérience qui nous donne une foultitude de conseils, parle un nombre incroyable de langues et se fait l’aide et l’interprète de tous sur le ponton. Et s’il séjourne longuement à Bahia chaque année c’est qu’il y a rencontré Silvana, autre très belle personnalité, qui nous fait l’honneur et le plaisir de nous inviter à découvrir son univers de travail, le « Nucleo de Pluralidade Artistica – NUPA », un centre de formation assez unique au sport, à l’art, à la technique et à la culture situé dans un quartier populaire de Salvador. Créé par un mécène il y a 60 ans sous forme de fondation, il offre aux jeunes et aux enfants, sur un territoire de près de 5ha, une intelligente alternative à la violence de la rue. Le Centre joue par ailleurs la mixité des générations en accueillant également  un public d’adultes. C’est ainsi qu’au spectacle où nous fûmes invités, Lili, 84 ans, évoluait sur scène avec jeunes et enfants dans un émouvant climat de complicité. Chance, Manfred ne repart vers le grand sud qu’à la mi-octobre et nous nous faisons une joie de pouvoir le  retrouver en compagnie de Silvana à notre retour.  Les amateurs de navigation vers la Géorgie du Sud peuvent consulter : manfredmarktel.blogspot.com

 

Autre activité de ce séjour, la préparation de la « rentrée » de septembre. Au programme et en ouverture,  une petite régate Recife - Fernando de Norohna pour une remise en jambes suivie d’une prolongation de quelques jours sur la magnifique île de Fernando de Norhona. Puis retour à Bahia pour une sortie de l’eau et un sérieux carénage. Trois petits tours dans la jolie baie de Bahia et puis route vers Rio, le tout avec l’espoir qu’Arielle, qui savourera d’ici peu les plaisirs de la retraite, puisse enfin nous rejoindre.  

Ces quelques lignes s’achèvent dans l’avion qui nous ramène vers Paris. Un retour plein de bonheur qui en deux coups d’aile et onze petites heures de voyage nous fait revivre en grand accéléré notre longue descente. 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 14:52

 

P1040660

 

 

Grégoire nous a fait le plaisir de nous laisser des photos de ses croquis et dessins de voyage en proposant de les mettre sur le blog ce que nous sommes heureux de faire. Les photos ont été prises de nuit, un peu dans l'urgence du départ, mais elles donnent malgré tout une bonne idée de son travail.

Les quatre premières lignes de photos que vous trouverez sur l'album ad hoc sont issues d'un grand panoramique sur lequel s'enchaînent les dessins réalisés depuis les iles du Cap Vert jusqu'à Bahia.

La suite reprend les pages d'un carnet de format traditionnel qui débute à l'Ile de Gorée pour s'achever également à Salvador de Bahia.

Outils de travail : feutre et aquarelle.

 

Au fait..., pour qui ne saurait pas qui est Grégoire -au pseudonyme de 'Monsieur QQ' dans sa vie d'artiste- il est le neveu de Christiane et Luc, fils aîné de Daniel, le frère aîné de Christiane. Et qui connaît Grégoire, ne peut plus affirmer que les artistes n'ont pas les pieds sur terre (ou sur mer). Excellent marin, bricoleur hors pair, fournisseur de solutions et de services en tous genres, professionnel de la bonne humeur, précieux artiste et habile professeur de dessin, Grégoire s'est avéré un équipier hors pair pendant les cinq semaines que nous avons eu le plaisir de partager avec lui.

 

Et pendant que Grégoire se faufile entre anacondas, jacarés et papagayos dans le Pantanal avant de filer vers les cimes de la Cordillère des Andes et les salars boliviens, le team Alioth rentre en France pour un break estival programmé du 18 mai au 20 septembre.

 

Le programme de la saison 2010-2011 sera publié dès que possible. Bel été à toutes et tous en espérant qu'il nous donnera le plaisir de revoir le maximum d'entre vous.P1040639

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 21:43

... ou le récit d'une traversée de A à Z

P1040485.JPG

Alizés

Ces vents qui soufflent du nord est dans l’hémisphère nord et du sud est dans l’hémisphère sud font les grandes routes de navigation. On va jusqu’à les appeler « routes des barriques », tant les vents et courants portants qui  les caractérisent  permettent à tout engin flottant d’effectuer, sans moyen de propulsion spécifique, le parcours transocéanique.

Les alizés soufflent agréablement à vitesse assez constante -de 15 à 20 nœuds- sous un ciel bleu généralement agrémenté de légers cumulus.

Dans l’hémisphère nord, l’alizé nous donnera des vents portants, dans l’hémisphère sud, il nous contraindra à une navigation au près moins confortable.

Ciel

De jour magiquement bleu sur la majeure partie du parcours et diaboliquement ou magistralement gris ou noir dans certains passages du Pot au Noir. Les formations de cumulo-nimbus et les nuages effilochés ou ourlés qui les accompagnent dans cette zone équatoriale, joints aux variantes de lumières et de couleurs offrent sur 360° des spectacles inédits pour nous tous.  Certains couchers et levers de soleil et de lune relèvent également du grandiose et de l’indescriptible. Un phénomène inattendu, celui de l’arc en ciel de nuit, ajoute à la magie de nos spectacles célestes.

Pour les illuminations nocturnes voir « Etoiles »

Dessin

Il fait partie intégrante de cette croisière grâce au talent de Grégoire qui croque, ébauche, dessine et peint tout ce qui vit sur et autour du bateau. L’artiste se fait également et généreusement professeur auprès d’une débutante qui s’exerce à tout petits pas à ses côtés.

Dimanche

C’est la journée fétiche de cette traversée : départ de Mindelo le dimanche 18 avril, passage de la ligne le dimanche 25 avril (ou presque), arrivée à Salvador de Bahia le dimanche 2 mai, un jour de prédilection pour une arrivée dans la Baie de Tous les Saints.

Divines et divins

Les bons moments de voile et les longues heures de barre volées au pilote automatique, les merveilleux temps de lecture vécus entre ciel et mer, les douches sur la jupe arrière et la balnéothérapie des eaux bouillonnantes qui lui succèdent, les magnifiques quarts sous nuits étoilées, les intermèdes musicaux,  les prouesses culinaires, les bons souvenirs laissés à bord par toutes et tous et que nous savourons avec bonheur… Merci, merci !

Epaules

Elles sont le talon d’Achille de cette Transat. Après l’épaule gauche de Dominique, c’est l’épaule gauche de Luc qui se décompose dans une éprouvante montée au mât en plein Pot au Noir tandis que Grégoire voit se réveiller des tendinites anciennes aux deux épaules. En bref, Christiane semble la mieux dotée dans ce domaine, ce qui relève de l’inattendu.

Equateur

Il nous vaut le célèbre ‘passage de la ligne’ franchi et célébré le dimanche 25 avril au soir. Le dîner de gala composé d’un somptueux thon au four pêché pour la circonstance  et accompagné d’un savoureux Châteauneuf du Pape blanc de Beaucastel 2001 se conclut sur un très attendu gâteau au chocolat réalisé avec âme et talent par Dominique. Mais Eole en rajoute pour l’évènement et nous oblige à réduire à deux ris et trinquette et à vivre cette soirée sur un mode acrobatique et spartiate.

Le passage effectif de la ligne aura effectivement lieu dans la nuit du dimanche au lundi à 1h 02’ précisément -soit 2h02 TU- par 28° 57’ 9 W. Nous attendrons raisonnablement, i.e. 12h plus tard, un peu de lumière et une accalmie de vent pour nous immerger -bain traditionnel oblige- dans des eaux aux profondeurs abyssales voisinant les 25°C.

Nous voici donc dans l’hémisphère sud, « la tête en bas » : au menu de la semaine, tarte tatin et crème renversée.

Etoiles

Elles nous valent d’astronomiques torticolis mais notre bonne étoile Alioth veille sur nos nuits claires et, sous sa bienveillante lumière, nous nous familiarisons petit à petit, de l’Etoile Polaire à la Croix du Sud, avec la moitié céleste de notre univers.

Faune

Peu abondante : baleines et dauphins se font cruellement absents. Les poissons volants sont légion mais pas suffisamment nombreux à atterrir sur le pont pour envisager de quelconques agapes. Un splendide banc de dorades coryphènes nous nargue en une longue et magistrale procession synchronisée mais, avec une cruelle ironie,  ne laissera à nos lignes qu’un jeune tazar d’une race sans doute tout à fait ennemie.

Par bonheur, le joli petit thon qui s’offre à nous la veille du passage de l’Equateur apporte un supplément d’âme et de gastronomie au programme des festivités du passage de la ligne.

Les oiseaux sont présents quasi quotidiennement sur le parcours. L’un d’entre eux de style Fou de Bassan se réfugie  toute une nuit sur un balcon pour s’y reposer ; non sans abandonner, sur le tableau arrière, un généreux lot de souvenirs.

Girouette

Nouvelle pirouette de notre amie girouette que Luc rattrape à temps en montant en haut du mât en plein Pot au Noir. Contusions et courbatures assurées mais girouette récupérée contrairement à  son aînée qui s’était fait la belle au large du Portugal…

Grains

Les grains sont intenses et il s’avère préférable de les vivre sobrement,  c'est-à-dire en maillot de bain.

Le radar en est un très précieux outil de détection et nous permet de naviguer au mieux pour tenter de les éviter ou de les aborder dans les moins mauvaises conditions. Les plus significatifs d’entre eux ont une aptitude impressionnante à écraser la mer sous des éclairages d’un autre monde.

Si elles sont un peu éprouvantes pour les nerfs, ces pluies violentes offrent au bateau un abondant et appréciable rinçage du sable accumulé sous vent de l’Harmattan au cours de son passage au Sénégal et, dans une moindre mesure, aux Iles du Cap Vert.

Lecture

Elle est une délicieuse compagne de cette longue période de mer. D’autant que de nombreux ouvrages de la bibliothèque du bord sont le fruit d’attentions particulières de celles et ceux que nous avons laissés à notre départ.

Ligne

(Passage de la) ligne, voir Equateur.

Ligne de pêche, voir pêche.

Ligne de flottaison, nettoyée à l’occasion d’un carénage sous marin réalisé aux Iles du Cap Vert.

Ligne d’horizon, voir votre dictionnaire favori.

Mer

Elle est assez plate quoiqu’un peu croisée dans le Pot au Noir. D’un bleu dont l’intensité s’accentue avec le sud, elle s’inspire d’une couleur Outre-Mer aux accents violacés. Bleu de mer, bleu de ciel, bleu du spi  ou du gennaker contribuent à nous faire vivre une traversée d’une profonde harmonie.

Météo

Un bulletin météo est commandé chaque jour par fichier « grib » via la connexion internet Iridium du bord. Le fichier météo et le routage préconisé superposés à la carte Maxsea nous apportent tous les détails de vent, cap, vitesse… qui président à notre navigation en toute sérénité. 

Mindelo

Port de départ de la traversée situé sur l’île de Sao Vicente (Cap Vert) dont nous devons nous avouer tous un peu amoureux. 

Pêche

Bilan assez faible, nous devons en convenir.

Penedos

Les Penedos (i.e. rochers) de Sao Pietro et Sao Paulo constituent un îlot brésilien situé en plein Atlantique et dont nous ignorions l’existence : il se positionne quasiment au niveau de l’Equateur et nous le laisserons à quelque 30 milles de notre route.

Pot au Noir

Voir ZIC

Programme

Nous commençons à nous intéresser au programme de l’an prochain : à coup sûr, entre septembre et mars, une grande année Amérique du Sud dont nous ne pesons pas encore précisément toutes les composantes.

Quarts

Nous fonctionnons toujours sur le système, maintenant éprouvé, de quarts individuels de 3h coupés par un 12h-15h « tous de quarts ».  Le protagoniste du quart de 03h-06h a en charge la fabrication du pain. A cette occasion, Dominique se « met dans le pétrin » en ajoutant à une confection boulangère par nature délicate, la présence insistante de cargos en route de collision. Un dur moment à en juger par l’ampleur des traces farinées dont est maculé le carré au petit matin mais, sans aucun doute, un des meilleurs pains de la croisière.

Retour

Le retour pour la France de notre première saison de navigation est maintenu a priori à fin mai 2010.

Route

La route Mindelo-Bahia se fait à 195-200°, soit une route très sud.  La distance est d’un peu moins de 2000 milles et nous franchissons globalement la  mi-route au passage de l’Equateur. Le routage (cf. Météo) nous incite à contourner légèrement la route directe par l’est pour trouver plus rapidement les nouveaux vents d’Est et de Sud-Est qui prennent logiquement la suite des vents de Nord-Est à partir de l’Equateur.

Salvador de Bahia

La ville, capitale historique du Brésil, est située dans la Baie de Tous les Saints découverte en 1501 par Amerigo Vespucci. Pendant de nombreuses éditions, elle fut la fantastique ville de destination de la Transat Jacques Vabre Le Havre-Bahia : bons souvenirs garantis pour une partie de l’équipage.

Nous envisageons d’y laisser le bateau dans une marina ad hoc pour l’hivernage. A défaut il faudra foncer au sud de Rio où les équipements sont assurés.

Notre arrivée est saluée par de nombreuses et abondantes pluies caractéristiques de cette période : à terre aussi, il faut veiller aux grains.

Température

Elle est chaude et avoisine les 35° à l’intérieur du bateau en milieu de journée ce qui donne à rêver, à l’occasion, d’un petit rafraîchissement barfleurais. Les chauds quarts de nuit en tee-shirt-bermudas restent une sympathique anomalie pour les habitués de la Manche que nous sommes.

Partis début janvier des 40° nord de latitude sous une température de 0°C nous passons à 0° de latitude sous une température de 40°C. Etonnament, nous aurons plus souffert du chaud que du froid durant ces mois de navigation.

Vent

Cf. Alizés

Notre période d’alizés a connu quelques mollesses au démarrage des Iles du Cap Vert avec des vents de 0 à 3 nœuds durant 36h. Au-delà, ils resteront peu virulents en s’établissant aux alentours de 10 à 15 nœuds. Ils faibliront logiquement également à l’arrivée à Salvador de Bahia.

Vitesse

Compte-tenu de la route suivie et des vents évoqués, nous mettrons très exactement 14 jours pour effectuer la traversée Mindelo-Salvador de Bahia, soit une moyenne d’environ 140 milles par jour.

Voile

La route en hémisphère nord s’effectuant globalement au portant, spinnaker et gennaker sont les voiles de prédilection. La traversée du Pot au Noir devra se faire sous un solent rapidement enroulé à l’arrivée des grains.

VSF

Le samedi 24 avril a lieu l’assemblée générale de VSF : une petite pensée pour tous les protagonistes de cette belle aventure. Une pensée aussi pour Pauline et Xavier -Mission E- que nous saluons de bien loin, en passant à la latitude de leur cabinet dentaire guyanais.

ZIC

Non pas Zone Industrielle et Commerciale comme tout un chacun pourrait logiquement l’interpréter, mais Zone Intertropicale de Convergence. Plus communément dénommée Pot au Noir, la ZIC se situe au niveau de l’Equateur à la confrontation entre alizés du Nord Est de l’hémisphère nord et alizés du Sud Est de l’hémisphère sud. C’est une zone de basses pressions dans laquelle le temps est lourd et chaud  et les vents faibles  sauf à l’arrivée des grains sous les cumulo-nimbus porteurs de  vents forts et de pluies très intenses. Eclairs et orages y sont courants. En cette saison, la ZIC est théoriquement peu étendue mais il nous faudra néanmoins  environ quatre jours pour la traverser entre 4°5’ N et 4° S soit sur une distance d’environ cinq cent milles.

Les anglais l’appellent « Horse Latitudes » car à l’époque des grandes traversées ‘commerciales’ à la voile, les chevaux y étaient les premiers sacrifiés en cas de manque d’eau.

 

  A17- Alioth au Terminal Nautico

De Barfleur à Bahia, ainsi s’achève notre premier périple.

Nous consacrerons les trois semaines à venir à un peu de tourisme mais surtout à une phase technique intense : hivernage, entretien, réparations, carénage… Grégoire quant à lui, sac sur le dos, prendra très prochainement la direction de l’ouest brésilien, puis de la Bolivie pour un retour en France prévu fin juin.

Nous devons un grand merci à nos trois équipiers Elisabeth, François et Grégoire qui nous ont fait le plaisir de nous accompagner avec amitié et efficacité durant ce long périple. Nous devons aussi un bel hommage à Alioth qui, à l’exception de quelques compréhensibles défauts de jeunesse, s’avère un bateau de grande qualité très conforme à nos attentes. Nos pensées sont très proches de l’équipe du chantier Alliage, auteur d’un si bel ouvrage, qui se trouve actuellement confrontée à la difficile tourmente de l’industrie nautique, en  espérant qu’un si beau savoir-faire ne fera pas naufrage.

 

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 00:22

 

Depuis une quinzaine de jours le team Alioth évolue dans les affres d'un questionnement ardu sur le choix de direction à prendre au départ de Mindelo : Lorient (France) ou Salvador de Bahia (Brésil).

Les problèmes posés par la trinquette dont nous envisageons de changer le système d’emmagasineur pour un fonctionnement sur enrouleur jugé plus adapté, le souhait de s’équiper d’un hydro-générateur, le besoin de rectifier le grément du gennaker, le tout majoré d’une quinzaine de points techniques plus secondaires mais essentiels à l'issue d'une première année de navigation, nécessitent un passage significatif en chantier. L’alternative conséquente consiste alors, soit à revenir vers Lorient pour retrouver les bases de « nos » constructeur, gréeur et voilier, tous experts de « notre » Alioth, soit à poursuivre vers le Brésil en tentant de trouver un point de chute susceptible de répondre à nos besoins techniques. Tout ceci sur fond d’engagement moral vis à vis de notre équipier Grégoire… invité à traverser l’Atlantique.

Après recherche d'information sur les marinas du Brésil et sur les contraintes des travaux envisagés  auprès de nos fournisseurs traditionnels ;  après rectifications longuement menées en haut du mât par Grégoire et Luc pour modifier le passage de la drisse du gennaker ; après délibérations démocratiques tenues lors d’une assemblée générale extraordinaire, choix a été fait ce jeudi soir de mettre le cap au sud ouest. C’est en quelque sorte la décision  -un peu difficile mais à laquelle il faut se résoudre- de couper le cordon ombilical avec nos bases lorientaises que nous visiterons néanmoins au cours de l’été pour des définitions techniques préparatoires aux travaux brésiliens.  

C’est avec un certain soulagement que nous nous retrouvons dans la logique de notre programme initial et que nous nous préparons à lever l’ancre dimanche 18 avril en direction de la baie de Tous les Saints que nous devrions atteindre au début du mois de mai. L’idée est de descendre ensuite au sud de Rio dans la baie de Paraty pour un hivernage et la mise au point d’un programme de travaux ad hoc…

Pendant ce temps, Dominique a atteint très patiemment la fin de sa deuxième semaine de bandage et se verra encore privé pendant huit jours de l’utilisation de son bras gauche. Par solidarité, Christiane, en se prenant le pied dans une écoute, s’offre à l’arrivée à la marina  un spectaculaire vol plané sur ponton : plus de peur que de mal et un délicieux dîner de fruits de mer offert par Grégoire au si typique et local "Picau Cau" permet d'accélérer une nécessaire remise sur pieds. 

Rendez-vous à dans deux à trois semaines !

 

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