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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 18:53

Campagne : le règne des estancias

Nous aurons séjourné trois bonnes semaines à Puerto Consuelo (Port Consolation) dans la très jolie crique de l’estancia Eberhard au paysage serein et dépouillé. Le vent subi durant nos quinze premiers jours était froid et cinglant : venu du Pacifique, il se heurte aux Andes, dévale des glaciers et tombe en williwaws en faisant considérablement chuter la moyenne de 12° de la température estivale.

Les toutes dernières journées que nous venons d’y vivre y sont en revanche plus douces, sans doute parfois caniculaires pour les locaux, lorsque la température diurne s’élève  -exceptionnellement - à 15-18°C. LE VENT EST EN EFFET TOMBÉ depuis le 17 février ce qui est un évènement pour l’équipage et pour Alioth qui s’est encore offert un joli dérapage avant d’aller solidement s’amarrer au corps mort d’un pêcheur bien opportunément absent pour quelques semaines.

La personnalité du Capitaine Hermann Eberhard, le fondateur de l’exploitation, et la pérennisation due à ses descendants, font de l’estancia Eberhard (5 200ha de nos jours) une composante majeure de l’histoire de Puerto Natales et de son développement. Pour l’anecdote, c’est Hermann Eberhard qui découvrit, à 8km d’ici, les restes d’un animal qui vécut dans la région il y a quelque 12000 années, le Milodon, un grand herbivore devenu le symbole de la Ville de Natales et du district d’Ultima Esperanza.

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Les estancias sont la composante fondamentale de l’organisation paysagère, économique et sociale de la Patagonie, argentine ou chilienne. Celles qui se développèrent dans le secteur d’Ultima Esperanza[1] représentaient une surface totale d’environ 500 000ha avec une moyenne d’un ovin par hectare. Elles furent essentiellement créées par des allemands, des anglais, et des espagnols à la fin du XIXème et au début du XXème en vue de développer un élevage extensif des moutons dont les premières espèces furent importées des Malouines[2] puis de Nouvelle Zélande.

Les ressources en eau étaient un facteur déterminant dans le choix d’implantation des estancias. Un grand hangar construit sur pilotis destiné à la tonte et au traitement de la laine, la maison des maîtres, des équipements collectifs type cuisine, ateliers et logements pour les ouvriers agricoles, de grands enclos destinés à regrouper et sélectionner les moutons caractérisent ces exploitations faites de bois et de tôles galvanisées. L’élevage ovin argentin et chilien, donna naissance à Puerto Natales[3] à deux gros abattoirs et frigorifiques parmi les plus importants des deux pays. Le plus grand d’entre eux, FrigorÍfico Natales, détenu par les grands propriétaires terriens, abattait 300 000 bêtes par an à destination de la Grande Bretagne et ses bâtiments sont une des fiertés historiques de la ville.

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                                                                                A la estancia Eberhard

L’actuelle famille Eberhard, composée des frères Hermann et Rudi et de leur sœur Karin, mais aussi d’une jeune génération représentée par Erick et Carolina Eberhard et de leur petit garçon Rolph, accueille avec beaucoup de courtoisie les voiliers de passage : nous avons l’heureuse surprise de pouvoir faire de l’eau et même du gas-oil au minuscule ponton de l’estancia et de nous voir offrir du mouton grillé à la suite d’un asado généreusement pourvu .

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Reconverti dans l’agro-tourisme, Erick Eberhard restaure en effet les voyageurs tandis que sa femme Carolina, ingénieure agronome, travaille dans une entreprise frigorifique et développe, à quelques kilomètres de là, une exploitation de fraises et de groseilles sous serres sur une surface de 5ha.

C’est de cet univers que notre excellent compagnon et équipier Laurent nous a quittés le lundi 13 février, non sans avoir préalablement apporté sa contribution efficace à divers travaux d’entretien et de réparation et participé avec enthousiasme à un programme de découverte des beautés naturelles environnantes, argentines et chiliennes.

Montagne : les Andes argentines et chiliennes

Comptant sur des conditions climatiques plus clémentes, le quatuor Alioth dirige tout d’abord ses pas vers le parc des glaciers argentins. Les départs se font en bus de Puerto Natales, à la mode sud américaine où les petites compagnies de transport se répartissent les destinations et le marché des voyageurs. Après le passage de la frontière à Dorotea (le nom d’une des filles d’Hermann Eberhard), nous traversons les immensités de la pampa sèche, véritable steppe parsemée, sur fonds de montagnes, de quelques nandus (autruches), guanacos, flamants roses et moutons. Dans ce cadre immense et austère, les très rares estancias, tout comme la petite ville d’El Calafate située aux bords du lac Argentino, sont métamorphosées en oasis de verdure par l’irrigation.

Nous séjournons 48h à El Calafate et découvrons les splendeurs du Perito Moreno[4]. Long de 30km et large de 5km, le glacier est, en son épaisseur la plus importante, égal à deux fois et demie la hauteur de la Tour Eiffel. S’il n’est pas le plus grand du secteur, le Perito Moreno est un des très rares glaciers au monde à progresser encore et, au rythme d’une avancée de 2m par jour, le spectacle est garanti ! Lorsqu’en descendant des montagnes, l’énorme serpent gelé atteint la surface du lac Argentino, il se met à flotter. La remontée de la glace produit alors une rupture et un éclatement de la structure du glacier en de multiples arêtes et arcades d’un bleu intense. Sous la pression de la masse, les premiers rangs qui dominent le lac semblent vouloir résister à une chute pourtant irrémédiable en criant « ne poussez pas derrière », mais il est déjà trop tard : des craquements épars suivis d’un grondement sourd envahissent l’espace et dans un fracas invraisemblable des colonnes de 40 à 60m sombrent dans le lac. Epoustouflant !

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Après cette fin de journée inoubliable, nous poursuivons notre périple vers le nord en ralliant le petit village d’El Chalten situé au pied du mont Fitz Roy. Un arrêt à La Leona, au beau milieu de la pampa, nous fait découvrir l’ambiance western d’une auberge historique qui vit passer, entre autres brigands de grand chemin, Butch Kassidy, en compagnie de Sundance Kid et de son épouse Ethel Place qui cherchèrent à se faire oublier là, mais sans succès, entre attaque de banque à Rio Gallegos (Argentine) et fuite espérée vers le Chili.

Deux journées à El Chalten doivent compléter notre séjour argentin. L’une nous mène à proximité du Fitz Roy : la marche est splendide et le paysage exceptionnel mais malgré le beau temps et le grand vent, le sommet ne se départit pas de son épais voile de nuages. Ce n’est qu’à notre redescente à El Chalten que nous l’apercevrons, magistral, en rejoignant le petit chalet  restaurant « la Tapera » que nous choisissons en souvenir des bons moments passés chez nos amis Alicia et José-Luis dont la maison porte le même nom.

Petite satisfaction apportée à nos egos français, le Fitz Roy[5] (3405m) est encadré d’un côté des monts Saint-Exupéry et Poincenot et de l’autre des monts Mermoz et Guillaumet. L’alpiniste Poincenot est mort noyé dans un torrent en participant en 1950 à une expédition française partie à l’assaut du Fitz Roy. Quant à l’aviateur Guillaumet, déjà cité par notre ami Armel dans un de ses commentaires, il fut un des meilleurs pilote de l’Aéropostale. En 1950, par suite du mauvais temps, il s’écrasa lors de sa 92ème traversée des Andes avec son Potez 25. Parti à pied et dépourvu d’équipement, il marcha 5 jours et 4 nuits avant d’atteindre un village, exploit que les habitants jugeaient impossible. C’est alors qu’il déclara à Saint Exupéry, venu le chercher : « Ce que j’ai fait, je te le jure, aucune bête ne l’aurait fait ». Son aventure surhumaine inspirera à Saint-Exupéry son roman  « Terre des hommes ».

Pour revenir à notre modeste expédition, le temps du lendemain s’avérant exécrable, nous renonçons à notre marche vers le mont Torre et retournons plus tôt que prévu vers El Calafate aux conditions météorologiques plus souriantes.

Après un bref retour sur Alioth pour vérifier le mouillage et prendre le temps de saluer Resolute qui lève l’ancre pour Valdivia, nous partons pour quelques jours, côté chilien, dans le parc national del Paine. Logés au refuge de las Torres, nous entamons sous un beau soleil une marche un peu éprouvante qui nous mènera tous les quatre, chacun à son rythme, face aux superbes Torres del Paine. Le lendemain est marqué par la diversité des conditions physiques de l’équipe : Dominique et Laurent partent pour trois jours, vers le refuge de los Cuernos, sur l’autre face des Torres del Paine, tandis que Christiane et Luc restent au premier refuge pour un programme plus modeste. Outre les beautés des paysages, les vents de plus de 100km/h et les pluies diluviennes qui accompagnèrent leur première nuit sous la tente resteront sans doute, pour nos deux grands marcheurs, un souvenir mémorable ainsi qu’une chute très solidaire dans un torrent qui les fera revenir dans un état d’humidité inattendu.

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Dominique et Laurent sur le départ

Campagne : un week-end équestre

Notre dernier week-end à Puerto Consuelo est placé sous le signe de l’équitation avec des pensées toute particulières pour Hubert, notre récent équipier, par ailleurs cavalier émérite. Le cheval, introduit par les colons, fait intimement partie de la culture patagonienne et fut longtemps le seul « véhicule » à pouvoir parcourir l’immensité de la pampa. Le samedi 18, qui fut la plus belle journée de notre séjour, sera consacré à une promenade à cheval sur le domaine de l’estancia sous la houlette de Carolina et de Karin Eberhard : c’est une grande première pour le team et une belle chevauchée à dos des juments Sofia, Dorotea et Valerosa qui ont su se montrer dociles. Dominique, le spécialiste des réglages, a réussi à s’offrir un petit coup de gite à tribord : rien à voir avec l’arrivée d’un williwaw mais avec les rondeurs de Sofia, difficilement compatibles, semble-t-il, avec une bonne tenue de la selle.

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Dimanche, nous avons en compagnie de Dina, notre chauffeure attitrée, et de sa famille, assisté à un spectacle très étonnant de Jineteadas. Il s’agit, à une dizaine de kilomètres de là sur un terrain dédié et perdu dans l’infini de la pampa, de compétitions équestres qui, une fois par an, en février, réunissent des représentants de l’Argentine, du Brésil, du Chili et de l’Uruguay. Rien à voir avec le déroulement policé de notre tiercé hexagonal : chaque compétiteur se voit à tour de rôle attribuer un cheval. Celui-ci une fois attaché, la tête bloquée le long d’un poteau (ce qui peut prendre un certain temps), se voit monté par le cavalier désigné (les plus hardis montent à cru), et lorsque cavalier, préparateurs et jury (lui-même à cheval) sont prêts (ce qui peut prendre à nouveau un certain temps, certains se trouvant désarçonnés avant même le signal de départ) le coup d’envoi est donné : le cavalier cravache sévèrement sa monture d’une main tandis qu’il tente de rester en selle en tenant les rênes de l’autre. Un peu rude pour le cheval, mais éminemment spectaculaire et profondément ancré dans la culture de la pampa. Le spectacle est aussi autour du terrain : les silhouettes, les habits, les attitudes révèlent un univers muy tipico que nous sommes heureux d’avoir eu la chance de découvrir. 

100 0275  Ambiance gauchos aux Jineteadas

En ville

Le 23 février, après un long périple Le Havre-Paris-Santiago-Punta Arenas-Puerto Natales, arrivent nos amis Gérard et Fred avec lesquels nous nous réjouissons de poursuivre le voyage. Nous utilisons ce temps de transition pour effectuer quelques travaux, réparations et entretiens mais aussi pour profiter de l’environnement ambiant. Nous aimons Puerto Natales pour les services qu’elle nous procure mais aussi pour son ambiance de ville du bout du monde, ses maisons traditionnelles  et son adaptation touchante à un marché émergent du tourisme fait d’une clientèle motivée de voyageurs et de trekkeurs.

Comme à chaque escale, nous prenons rapidement nos habitudes : la bonne boulangerie, le point internet (bravo à l’hôtel Natales pour la qualité de sa connexion !), la laverie tenue par un couple d’écossais-canadiens, la petite hôtellerie qui nous donne accès à ses douches, le supermarché local loin d’être aussi dépourvu qu’annoncé etc. Dina, citée plus haut, assure nos aller et retours réguliers entre Puerto Deseado et Puerto Natales avec une ponctualité et une gentillesse sans limite. Une petite soirée sur Alioth réunissant Dina et son mari et des membres de la famille Eberhard permet d’écluser les dernières bouteilles de champagne du bord et d’entonner en chœur l’hymne chilien -plus poétique que notre chant guerrier- : un moment que Laurent aurait hautement apprécié de vivre ! Mercredi soir nous sommes invités à dîner chez Karin et son amie Ximene : ce sont toujours des moments très appréciables et enrichissants que ceux que nous pouvons partager avec les amis de rencontre.

Côté mer

Abrazo, le bateau américain de Richard, rencontré précédemment à Puerto Williams, a rejoint Puerto Consuelo. Ce matin nous sommes allés conforter son mouillage car c’était à son tour de déraper sur le fond. L’équipage de Richard et de Victor est le fruit d’une rencontre étonnante : Victor a perdu tous ses biens –maison, bateau et voiture- dans le tremblement de terre chilien de 2010 tandis qu’Abrazo était un des seuls bateaux rescapés de la marina qui faisait face à la maison de Victor. Associant l’infortune de l’un à la fortune de l’autre, ils sont tous deux partis à bord d’Abrazo pour faire un bout de route ensemble. 

Fin de saison

Notre départ pour Puerto Montt est prévu le vendredi 24 février au matin. La route est longue -900 milles dans les canaux- mais, bonne nouvelle, le vent s’annonce au sud pour les premiers jours. Pourvu que ça dure ! Notre risque majeur est de nous voir bloqués par des vents de nord à l’entrée du golfe des Peines ouvert sur le Pacifique (pas si fique que cela… mais bien mal nommé par Magellan qui découvrit l’océan un jour de grand beau temps). Il nous faut arriver à Puerto Montt pour le 13 mars compte tenu des dates de retour respectives vers la France de Frederick et Gérard (14 mars), puis de Dominique (16 mars) pour participation à l’assemblée générale de la FF Voile. Christiane et Luc projettent de leur côté un retour pour le début avril.

Tout ceci est un peu long mais il se passe tant de choses dans cet espace immobile… et tant de situations inédites :

100 0322 Dominique reviendra-t-il en France en compagnie du chien de Dina ?

Bien amicalement à tous avec une pensée toute particulière de Christiane et Luc pour Mony, leur amie chileno-havraise.

Le team Alioth

 

PS1 : Des photos sur le passage du Cap Horn ont été ajoutées à l’album S3 – 4 – Au sud du sud avec tous nos remerciements à Franck pour les photos qu’il a bien voulu prendre de Resolute. Et si certains ont envie de vivre une année au Cap Horn, ils peuvent suivre le lien qu’a eu la bonne idée de nous communiquer Nicolas du service des phares et balises du Cotentin :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Cette-famille-a-garde-un-an-le-phare-du-Cap-Horn-_3639-2016722_actu.Htm 

PS2 – Les photos concernant le présent article se situent sur l’album S3-6 – Puerto Natales et une vidéo sur les Jineteadas a été mise en ligne sur Facebook (compte Tincelin-Alioth).

 



[1] Le district d’Ultima Esperanza fut ainsi dénommé par le capitaine espagnol Juan Ladrilleros, premier européen à accéder à cette zone (1558), dans ses recherches désespérées d’un accès au détroit de Magellan.

[2] Les Iles malouines, Islas Malvinas, font l’objet d’une guerre de communication : sur les cartes, aux postes frontière, elles sont délibérément affichées propriété argentine.

[3] Ainsi dénommée car la rivière Natales qui longe la ville fut découverte un 24 décembre.

[4] Perito Moreno est un grand explorateur et savant argentin très populaire dans son pays. Il consacra sa vie à la science et à l’éducation mais aussi à la pacification entre Argentine et Chili en proposant une frontière géographique raisonnée entre les deux pays.

 

[5] Fitz Roy, tout d’abord en qualité de second, puis de capitaine, navigua à bord de HMS Beagle (1826-1830), le bateau qui découvrit la célèbre voie maritime et qui porte son nom.

 

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commentaires

Jade 27/03/2012 18:19

J'adore nos poéme maîtresse ...Viviment qu'on voye L'équipage d'Alioth!!!

Alioth 28/03/2012 02:40



Nous les aimons beaucoup aussi Jade ! Merci à vous tous de les avoir écrits. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour venir à Quettehou mais nous sommes nous aussi très impatients de
venir vous rencontrer.


L'équipage d'Alioth



,vollet jacqueline 18/03/2012 00:02

Une bonne grippe sur les pistes enneigées m'ont éloignée d'Alioth et ses hardis navigateurs.J'apprend ce jour que,non seulement vous êtes d'exellents marins,mais aussi d'exellents cavaliers!!!Il
faudra chevaucher ensemble en Manche.Qu'en pensez vous?
Je sens le retour avec plaisir.A très bientôt....

Alioth 18/03/2012 14:20



Nous te souhaitons un bon rétablissement post grippal ! Oui j'ai bien pensé à toi perchée sur mon canasson qui s'est avéré assez docile. Nous avons beaucoup aimé : pari relevé pour une balade en
Manche ! Sommes heureux à l'idée de rentrer bientôt même si l'hivernage est a priori assez facile cette année et que nous espérons pouvoir nous offrir une balade à Bariloche, côté argentin, avant
notre départ. Mille bises d'Alioth


 



les CM1 de l'école de Quettehou 14/03/2012 11:48

Bonjour,


Merci beaucoup pour vos messages qui nous font toujours autant plaisir parce que vous nous racontez ce que vous voyez et parce que vous nous renseignez sur votre vie à bord . Nous espérons que
votre voyage se passe toujours bien .Nous sommes impatients de vous rencontrer à votre retour .

Voici maintenant les réponses à vos questions 

1)Il y a 27 élèves âgés de 9 à 11 ans dans notre classe de CM1.

2)Avec les mots que nous inspirait la mer , nous avons inventé des poèmes . En voici des extraits :

La mer...
je m’y sens bien,
elle glisse entre mes doigts,
elle est magnifique pour moi.
Quand il fait nuit,les étoiles nous sourient,
les dauphins sautent dans les vagues .(Marie)

La mer 
elle est magique,
c’est ma passion de m’y baigner l’été,
c’est un endroit extraordinaire .
Quand on est déprimé,ou seul,elle nous permet de nous détendre .
J’adore la mer .(Jade)

La mer...
c’est amusant,
c’est des dauphins qui jouent,
c’est une amie qui me comprend .
La mer est belle,douce et gentille .
Je me dis au fond de moi qu’elle fait partie de ma famille .(Justine)

La mer...
c’est le plaisir de naviguer,
de rencontrer d’autres gens ,
de nouveaux pays
et de nouveaux paysages.
Des animaux extraordinaires y vivent .(Marjorie)

La mer...
c’est aussi les dauphins,les pingouins
ou encore les requins.(Enola)
C’est la détente
ou la plongée sous-marine.
C’est un voyage qui nous fait envie.(Théo)







La mer...
c’est la joie de nager
et une merveilleuse envie de s’amuser.(Manon)
C’est impressionnant à regarder.(Eugénie)
C’est sublime,immense,
c’est un voyage qui permet de se réconforter.(Lucas Le.)
C’est marrant ,
ça a un goût salé.(Lucas La.)

La mer...
c’est le plaisir de pêcher des crevettes,
de se balader en bateau,
de jouer avec des animaux marins
ou encore de rencontrer des baleines.(Coline)
C’est grand !
On y voit des animaux qui s’amusent .(Kelly)

La mer...
Elle fait rêver...
Les oiseaux y sont magnifiques
et les étoiles de mer y sont belles le jour comme la nuit.(Zoé N.)

La mer...
c’est immense,c’est incroyable,
c’est du plaisir,
c’est une mélodie qui vous enchante
et qui vient de loin .(Aurélien)

La mer...
Tout le monde l’aime.(Damien)
Tout le monde veut la découvrir.(Victorine)
Elle est parfumée .Elle sent extrêmement bon .(Véronika)

La mer...
Assise sur un rocher,
j’imagine un dauphin rejetant de l’eau,
des requins se frottant sur les rochers
ou encore des baleines au milieu de l’océan .(Manuella)
Quand je regarde au loin ,
je vois des poissons qui sautent,
des oiseaux qui volent au_dessus de moi
et des baleines gigantesques qui viennent me chercher .(Zoé C.)


3) Vous comprenez maintenant pourquoi la mer nous fait tant rêver !

Alexis aime sa ville et n’a pas envie de voyager pour l’instant .Lucas Le. aurait peur que le bateau percute des rochers .


Le reste de la classe aimerait voyager :

pour voir des hippocampes , des orques(Enzo)
et toutes sortes d’animaux marins extraordinaires ,(Benjamin et Louis )
pour voir le coucher du soleil qui se reflète sur la mer,(Madison)

pour entendre la pluie qui tombe dans l’eau, (Patricia)
pour se baigner au milieu de nulle part ,
aller visiter des îles ,
admirer la mer quand elle est grise , verte ou bleue ...(Jade)
pour apprendre l’espagnol
et rencontrer d’autres enfants,(Théo)
pour vivre de nouvelles aventures (Manon)
ou pour faire connaissance avec d’autres navigateurs .(Aurélien)

Pour Florent, voyager sur l’océan , c’est aussi incroyable que d’aller à Las Vegas !

Joachim aurait aimé vous donner aussi son avis , mais il était malade quand nous avons écrit tout ça .Il se rattrapera la prochaine fois .


4) Nous avons encore quelques questions à vous poser avant de vous quitter :

-Quels continents avez-vous déjà visité depuis que vous naviguez ?
-Avez-vous vu la forêt amazonienne ?
-Comment sont les maisons dans les régions que vous visitez ?
Avec quoi sont-elles fabriquées ?
-Avez-vous rencontré des personnes connues pendant vos voyages ?
_Y a-t-il un « pilote automatique » sur votre bateau ?

Est-ce que vous pouvez aussi nous donner des informations sur :

-les feux de navigation ?
-sur les feux de pont ?

Merci .
Hasta luego !

Alioth 16/03/2012 13:51



Chère Laurence, chers enfants,


Nous venons d’arriver il y a deux jours à Puerto Montt (Chili), destination finale de notre saison. Nous allons ranger le bateau et le mettre au sec sur un terre-plein pour la durée de notre
séjour en France.


Bravo et merci à toutes et tous des réflexions que vous avez menées sur la mer et le voyage : nous nous y sommes beaucoup retrouvés et avons apprécié la poésie de vos expressions. Nous avons
aimé lire Justine « la mer fait partie de ma famille » ou Aurélien « la mer c’est une mélodie qui nous enchante et qui vient de loin » mais aussi tout ce que vous avez pu
exprimer sur le voyage, les animaux, la mer qui réconforte, son parfum, son immensité, le plaisir de vivre et de regarder la mer…


En réponse à vos questions :



-Quels continents avez-vous déjà visité depuis que vous naviguez ?



Un tout petit bout d’Europe puisque nous sommes partis de Cherbourg et sommes passés par l’Espagne (La Corogne)



Un tout petit bout d’Afrique puisque nous avons passé deux mois au Sénégal dans le cadre d’une mission humanitaire médicale et scolaire, suivis par un passage aux Iles du Cap Vert.



Un long séjour de 12 mois en Amérique du Sud (Brésil, Uruguay, Argentine et Chili).



-Avez-vous vu la forêt amazonienne ?



Non car nous ne sommes pas remontés aussi haut sur les côtes brésiliennes mais il est possible que nous y allions à la fin de notre tour du monde.




-Comment sont les maisons dans les régions que vous visitez ? Avec quoi sont-elles fabriquées ?



Nous ne pouvons répondre que par quelques exemples :


Au Sénégal, dans les îles du Siné-Saloum où nous avons séjourné, les familles sont nombreuses et les maisons sont
organisées autour d’une cour carrée. Les murs sont en parpaings et les toits en tôle alors que le sol des cours et des rues est couvert de coquillages (coques) ce qui est très propre et joli.
(Vous pouvez voir des photos sur le blog dans l’album intitulé Siné Saloum).


Au Brésil, il y a des gens très riches qui ont de magnifiques propriétés avec parc et piscine mais surtout
beaucoup de gens très pauvres dont beaucoup vivent dans des favellas. Les favellas sont des quartiers où des maisons très sommaires sont construites les unes sur les autres et où les gens vivent
dans une très grande promiscuité. A Rio de Janeiro, certaines favellas atteignent 200000 à 300000 habitants sur un territoire très restreint. Les favellas sont par ailleurs construites sur les
terrains les moins prisés, souvent très pentus : lorsqu’il pleut beaucoup, les maisons sans fondation sont facilement emportées. (Voir les photos sur l’album AS9 – Notre Rio de
Janeiro).


En Patagonie, c'est-à-dire, au sud de l’Argentine et du Chili, les maisons traditionnelles sont en bois (très
abondant dans ces régions) et les murs sont souvent recouverts de tôles. Les toits sont en tôle ondulée. Ce sont des régions où la vie est très austère et où les gens aiment peindre leurs maisons
de manière très colorée ce qui rend les villages plus gais. (voir l’Album S34 – Le Grand Sud)


Dans l’île de Chiloé où nous étions la semaine dernière, les maisons traditionnelles de pêcheurs sont construites
sur pilotis ce qui est très joli. Les murs sont le plus souvent couverts d’un essentage en bois et les toits sont là encore en tôle ondulée. (voir l’album de Puerto Natales à Puerto
Montt)



Avez-vous rencontré des personnes connues pendant vos voyages ?



A Puerto Williams, nous avons eu le plaisir de rencontrer Isabelle Autissier. Isabelle est une grande navigatrice. Elle a fait quatre fois le tour du monde et a couru le Vendée Globe en
solitaire. Elle est écrivain et journaliste (chroniques sur France Inter). Ingénieur agronome, elle est spécialisée en halieutique. Elle est très concernée par les questions d’écologie :
elle est présidente de WWF France et s’est beaucoup impliquée dans les débats du « Grenelle de l’environnement » pour les questions concernant la mer. Nous avons passé avec elle une
soirée très intéressante à bord d’Alioth : Isabelle est une grande dame du monde maritime et ce fut un grand plaisir pour nous de la rencontrer.



Nous avons également rencontré Freya Hoffmeister, une allemande célèbre pour ses exploits en kayak. Après avoir fait le tour de l’Australie, elle a entrepris le tour de l’Amérique du sud sur son
tout petit kayak. C’est un défi qui nous paraît totalement incroyable et dangereux (un autre kayakiste allemand est mort avant d’arriver à Ushuaia quand nous étions là-bas : cela pose la
question du risque, de l’extrême et de l’exploit.



Il y avait aussi Yvan Bourgnon qui a fait le tour du Cap Horn en partant de Puerto Williams sur un tout petit catamaran quand nous étions là-bas.



Vous pouvez voir une photo du kayak de Freya et une du catamaran de Yvan sur l’album S34 – Le grand sud.



 



Y a-t-il un « pilote automatique » sur votre bateau ?



Oui et c’est un outil très précieux car barrer en permanence est fatigant sur les longues traversées. Il est toujours amusant de lire ou de dîner tranquillement dans le carré ou dans le cockpit
et de penser que le bateau avance « tout seul »



Est-ce que vous pouvez aussi nous donner des informations sur :
-les feux de navigation ?



 



Les feux de navigation sont obligatoires et très strictement réglementés pour les différents types de bateaux et de situations (bateaux en manœuvres, bateaux non manœuvrant, chalutiers ayant
leurs filets à l’eau etc.). Les règles sont internationales et donc valables dans le monde entier. La règle la plus importante à connaître est celle des feux rouge et vert.



 



Chaque bateau doit avoir un feu rouge à bâbord et un feu vert à tribord.



(On appelle bâbord le côté gauche du bateau quand on regarde l’avant et tribord le côté droit.



Petit moyen mnémotechnique pour distinguer bâbord de tribord : il suffit d’imaginer lire le mot BA-TRI écrit à l’avant du bateau. BA est à bâbord, TRI est à
tribord. Exercez vous en dessinant la silhouette d’un bateau sur une feuille de papier et en marquant BA-TRI sur l’avant. Ensuite quand vous verrez des vrais bateaux essayez de repérer
bâbord et tribord en appliquant la règle. De même quand vous irez à Barfleur ou à Saint-Vaast, amusez vous à repérer les feux vert et rouge des bateaux et… à vérifier qu’ils sont bien à bâbord et
à tribord.)



 



Lorsqu’on navigue de nuit et que l’on aperçoit un bateau, on regarde lequel de ses feux apparaît : son feu rouge ou son feu vert (si on voit les deux feux c’est que le bateau est de
face).



 



On regarde ensuite comment se positionne le feu aperçu par rapport à nos propres feux.
On a coutume de dire : « Rouge sur rouge, rien ne bouge. Vert sur vert tout est clair. » En effet si le feu rouge de l’autre bateau est du côté du feu rouge de
notre bateau, il n’y a pas de risque de collision et de même si son feu vert est du côté de notre feu vert. En revanche, en cas contraire, il peut y avoir risque de collision.



 



Il ne vous reste plus qu’à prendre des demi-coques de noix en marquant un point rouge à l’avant bâbord et un point vert à l’avant tribord, puis de les faire évoluer l’une par rapport à
l’autre.  Je vous conseille de commencer par deux bateaux qui se croisent en parallèle, rouge sur rouge puis vert sur vert, puis de continuer en inclinant les directions des bateaux. Vous
verrez ce qui se passe et pourquoi parfois, il y lieu de changer de route.



 



les feux de pont ?



 



Nous n’avons qu’un seul feu de pont à bord et contrairement aux feux de navigation, le feu de pont n’a rien d’obligatoire. Il s’agit juste d’un éclairage extérieur qui nous facilite la vie,
notamment si nous avons une voile à changer de nuit à l’avant. Les bateaux de pêche ont aussi un feu de pont qui permet d’avoir de la lumière pour trier le poisson la nuit


Nous voulons par ailleurs vous préciser que nous n’avons pas pu rencontrer de classe dans une école car c’était
jusqu’ici la période de vacances : dans l’hémisphère sud, les saisons sont inversées et les grandes vacances ont lieu en janvier et février. La rentrée des classes au Chili a eu lieu le 5
mars et nous n’allons sans doute pas avoir le temps de prendre des contacts avec une école d’ici notre départ. C’était superbe d’avoir traduit le message en espagnol et si nous avons une occasion
nous ne la manquerons pas !


 


Nous espérons avoir pu répondre à toutes vos questions. Travaillez bien, passez de bonnes vacances de Pâques et
faites attention aux routes de collision entre vos bateaux ! Nous espérons que Joaquim est rétabli et vous envoyons "veinte ocho besos" à vous partager.


 


Christiane, Luc et Dominique



Laurent B. 08/03/2012 11:43

Coucou,
je me suis permis de donner les coordonnées du blog d'Alioth à Gérard Petipas... (gerardpetipas@orange.fr).
Je vois le 31 arriver avec bonheur, sans trop d'anxiété.. avec en vue l'espoir de pouvoir enfin partager quelques moments d'aventure avec vous.
Alitiés / Lt et Zabou

Alioth 14/03/2012 21:48



Nous pensons bien à vous deux et à ces derniers jours qui mènent Laurent vers la retraite ! Bienvenue au club des "jubilados" et plein d'espoir en nos navigations futures. Amitiés à Isabelle et
Gérard Petipas en attendant le plaisir de se retrouver d'ici peu.


Besos


Ns3



Andrea Araneda 08/03/2012 05:21

Hola amigos!
Que bonitas imágenes y redacción han hecho de Puerto Natales.
Espero que estén muy bien.
A la distancia les envió un abrazo con mucho cariño.
¡Los espero en Viña del Mar!

Andrea.

Alioth 14/03/2012 21:42



Muchas gracias Andrea ! Vamos a Francia en April y vuelvemos en Puerto Montt en enero para ir en februero en Valparaiso con el velero : esparamos mucho encontrarle y su marido en Vina del Mar. Le
mandaremos un e-mail à la vuelta. Mucho carino tambien !


Christiane, Luc et Dominique