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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 13:43

C’est au nombre de quatre -Arielle et Dominique, Christiane et Luc- que nous reprenons pied le 13 octobre au matin sur Alioth au Iate Club de Barlovento. Nous sommes comme à chaque voyage, lourdement chargés de pièces en tout genre et d’une bibliothèque ambulante digne d’une équipée patagonienne. Bien entretenu par nos amis de Polarwind, Alioth nous fait bonne figure et, tout à la perspective d’un programme conjugué de travaux et de tourisme terrestre sur près de quatre semaines, nous reprenons avec plaisir nos marques argentines.

Le bateau : travaux et entretien

La « to do list » est longue et comprend notamment -pour les plus passionnés- : installation électrique de l’hydrogénérateur, travaux de mécanique, changement de l’émerillon de l’enrouleur de solent, retouches de peinture, actualisation du programme de la centrale électronique, réparations de la pompe de ballast et de la barre d’écoute, révision du canot de survie, sans compter les rangements, nettoyages et préparatifs en tout genre qui caractérisent ces périodes…. Dominique et Luc développent des trésors de patience, d’apprentissage et de savoir faire, en solitaire ou en double, c’est selon : à Dominique l’électricité et l’électronique, à Luc l’accastillage et la mécanique, à eux deux les opérations lourdes qui exigent un fonctionnement à deux têtes ou à quatre mains. Et puis lorsque les compétences du bord atteignent leurs limites, il est bon de faire appel à Claudio, le mécanicien qui parvient à diagnostiquer des fêlures aussi improbables que celles des boulons-situés-dans-les-tanks-sous-les-vannes-d’arrivée-de-gas-oil, ou à Ricardo, le peintre multi-disciplinaire, qui semble avoir réponse à toutes les situations. Le tout est d’avoir le temps devant soi car, si la qualité de service est bonne, rendez-vous et délais se gèrent, le plus souvent, à la mode argentine.

Les travaux s’accompagnent de nombreux déplacements chez le voilier, la boutique d’électricité, les distributeurs de cartes marines, les « ferreterrias », les magasins d’accastillage et de peinture… autant d’occasions d’échanger avec les locaux, de pratiquer la langue et de se familiariser avec les prononciations sud-américaines. Les allées et venues sont longues car Barlovento est un peu hors du monde mais par chance, Titou (du bateau Léla, ainsi dénommé en réponse à son prédécesseur dénommé Iléou) nous prête volontiers son vélo ce qui abrège grandement nos temps de déplacement.

Le tourisme

Avant de descendre en bateau vers le grand sud, nous ne voulons pas manquer une montée en avion vers le grand nord du pays pour assister au spectacle grandiose des chutes d’Iguazu dans la région Misiones. Le côté argentin des chutes nous offre notre première expérience nautique de la saison en promenade pneumatique et humide sous les cataratas. L’autre versant, tout aussi impressionnant, nous permet de renouer quelques heures avec la terre brésilienne.

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             Les chutes d'Iguazu

 

A 250km de là, la visite de la mission de San Ignacio(1) nous introduit dans l’ambiance un peu mystérieuse des ruines d’un de ces sites Jésuites qui ont guidé les Indiens vers la création de sociétés utopiques libérales… ; ou presque puisqu’au chapitre des conditions de vie exigées par les bons pères figurent le respect de la religion monothéiste, la monogamie et la sédentarité, toutes pratiques bien éloignées des traditions des populations indigènes. A San Ignacio, Arielle ajoute une chute malencontreuse aux chutes du week-end lors d’un faux pas sanctionné par une sérieuse entorse à la cheville qui handicapera quelque peu le reste de son séjour.

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      San Ignacio

 

C’est grâce à Arielle que nous devons de découvrir la pampa humide à 120km au sud de Buenos Aires, aux bords de la Laguna de Lobos chez sa cousine Alicia qui, en compagnie de son mari José-Luis, nous invite pour un week-end inoubliable dans sa très séduisante maison de campagne. Ici, les espaces sont infinis, la nature printanière est d’un vert intense, les oiseaux sont omniprésents. Il est bon surtout, en compagnie d’Alicia et de José-Luis, et de leurs amis Rose-Marie et Martin, de se retrouver dans un contexte familial et amical, de discuter longuement Argentine avec des Argentins et de déguster en terrasse la meilleure parrillada de tout notre séjour. Nous espérons avoir l’occasion, dans quelque temps, de vous reparler d’Alicia et de l’étonnante dynastie dont elle est issue.

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   Chez Alicia et José-Luis

 

Sur le chapitre de nos belles rencontres argentines nous pouvons citer également Pablo ami de Sophie -cousine de Christiane-, architecte et membre du club de Barlovento depuis sa plus jeune enfance. C’est à lui que nous devrons la mise en ligne depuis son agence du présent article et des photos : un grand merci à Pablo et à son équipe ! Nous retrouverons aussi avec beaucoup de plaisir Carola et Alejandro, navigateurs argentins, amis d’Alicia et José-Luis avec lesquels nous avons couru la course Refeno en octobre 2010 et qui nous invitent à passer quelques jours au club de CUBA (Club Universitaire de Buenos Aires) avant notre départ.

Sur le plan touristique, nous devrons notre deuxième expérience nautique de la saison à notre traversée en ferry du Rio de La Plata pour rejoindre Colonia (Uruguay), ancien bastion portugais en terre coloniale espagnole. Nous partageons cette journée, conclue par une soirée tango au célèbre café Tortoni de Buenos Aires, avec Hubert, notre tout jeune (22 ans) nouvel équipier et Clémence, sa sœur, qui entreprend un grand tour d’Amérique du Sud. La première qualité que nous pourrions attribuer à Hubert -mais il en a déjà révélé beaucoup d'autres- serait la discrétion puisque c’est en l’appelant sur son portable, au petit matin de son arrivée,… que nous réalisons qu’il nous répond … de sa cabine dans laquelle il s’est glissé sans bruit après un difficile périple nocturne en taxi.

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     Colonia - Uruguay

 

Le printemps argentin est splendide et a atteint un pic de chaleur de 35° le 3 novembre.

Ambiance départ

Une petite dizaine de bateaux en escale au club de Barlovento se prépare pour une descente vers Ushuaia (qu’on prononce ici Ousouaia) : le chileno-allemand Polarwind, le suédois Némo, les allemands Iron Lady, La Bohême et Resolute, les français Hakéa, Pégase et Alioth, sans oublier Nabucho qui séjourne dans la marina voisine.

Chaque bateau est absorbé par ses préparatifs ce qui n’exclut pas les manifestations conviviales autour de petites réceptions réciproques où se mêlent beaucoup de rires à un peu de gravité, de conseils techniques et deprojets à venir. Une grande parillada organisée au club par Jutta et Osvaldo (Polarwind) avant leur départ est un moment particulièrement fort : toutes et tous sont là des plus jeunes (3ans) au plus âgés (70 ans). Les conversations s’entremêlent en espagnol, allemand, anglais et français. Wijtze, le Hollandais, qui avec Mia (Skua) rejoindra Osvaldo sur Polarwind pour un tour du Cap Horn, apporte la joyeuse ambiance de ses airs d’accordéon. Titou (Léla) branche son piano sur la borne électrique de la marina pour jouer très symboliquement My way en duo improvisé avec Udo (Resolute) au violon.

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Marins et musiciens

 

Chaque départ s’accompagne de saluts d’amitié, coups de corne de brume -ou de busina gas (2)- et souhaits de bonne navigation. La route pour Usuhaia est en effet difficile : les bascules de vent violentes et pas toujours prévisibles, la force des vents, les courants de marée importants de la partie sud, le faible nombre des abris en font un parcours que tout un chacun aborde avec beaucoup de soin, voire une pointe d’appréhension. Une escale à Mar del Plata, à 270 milles de Buenos Aires, est de rigueur notamment pour se recaler par rapport aux prévisions météo. Un petit tour dans la presqu’île de Valdès pour approcher les baleines est un plus du programme. Le nombre d’escales dépend ensuite des conditions météorologiques : si les prévisions sont bonnes, le plus raisonnable semble de descendre directement jusqu’à l’île des Etats à l’entrée du canal de Beagle.

Pendant tout ce temps, une princesse est née à l’Elysée, l’Europe tente de maîtriser ses vertiges financiers, la France perd 7 à 8 contre les All Blacks ; de ce côté-ci de l’Atlantique, Christina Kirchner est réélue Présidente de l’Argentine au 1er tour des élections avec près de 54% des voix et la justice condamne les principaux dictateurs argentins à la perpétuité.

Voici pour le premier récit de notre troisième saison. Arielle, la cheville encore endolorie, est repartie samedi pour Paris. Elisabeth, notre spécialiste des grandes descentes vers le sud, est arrivée ce lundi. Dès les travaux terminés -ce que nous espérons pour mercredi-, et la météo satisfaisante, nous pendrons notre route pour notre troisième aventure nautique de la saison, non sans vous en avoir avertis sur le blog d’Alioth.

Nous dédions ce petit article à Delphine, fille et nièce des membres du team Alioth, qui se remet d’une lourde opération et dont nous fûmes très proches durant toute cette période.

Amistad

Le team Alioth

PS : les photos sont sur l’album S3-1 –Quelques nouvelles de Buenos Aires

La première photo qui pourrait s'intituler "sac à bord" est un clin d'oeil à nos amis de l'Inner Wheel du Havre.

La dernière est celle de Pablo dans ses beaux bureaux de Martinez.

 

(1) Cf le film « Mission » de Robert de Niro

(2) pour celles et ceux qui ont lu l’article de 2010 sur la Refeno

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commentaires

Jerome 16/11/2011 21:29


Manifestement c'est reparti, et pour de bon !
Amitiés de Manille où les Espagnols ont étendu leur Empire - je poursuis ma découverte de la région Pacifique, avec une première incursion dans le 'Sud'. Demain retour vers des bases connues
(Tokyo), avec la double perspective réjouissante de retrouver des amis d'Osaka ce weekend pour improviser des 'boeufs' jusque tard dans la nuit, puis de profiter de la journée fériée du 23 pour
faire l'ascension du Mont Fuji.
Je n'oublie pas Dragonfly et compte l'emmener en balade dès que possible. Sur terre, Michel Freudiger a fait une intéressante esquisse pour Rideauville ... à suivre (on va se frotter a une des
différences entre les environnements terrestre et maritime - je ne pense ps que des ABF rôdent dans les eaux Argentines ?).
Amitiés !
Jerome


Alioth 17/11/2011 12:29



Bonne ascension du Mont Fuji : balade mythique s'il en fut ! La vie sur terre a du bon aussi. Nous souhaitons une bonne issue à tes démêlés administratifs avec l'ABF. Tout le team Alioth embrasse
le team Collin.